Emmanuelle Bataille vient nous rencontrer, c’est l’occasion de lui poser nombre de question sur sa carrière et bien d’autres sujets…


 


Driss : Pour parler avec elle du métier de comédienne

EB : C’est déjà fait…

Driss : Non, du métier

EB : Ah du métier…

Thomas : Emmanuelle, vous habitez où ?

EB : J’habite à Paris.

Thomas : Quel arrondissement ?

EB : 6ème

Th : Pas loin

EB : C’est pas très loin, non…

Thomas : A quel étage ?

EB : 1er

Thomas : Y’a un ascenseur ?

EB : Non.

Th : Vous faîtes quoi comme métier ?

EB : Qu’est ce qu’on a dit tout à l’heure ? On a dit qu’on allait parler du métier de…Non… du métier de COMEDIENNE, voilà…

-Vous êtes comédienne depuis quand ?

EB : Je suis comédienne depuis que je suis née. Je crois pas parler de moi, on va parler du métier, car « moi » on l’a déjà fait, « moi »… Après on raconte ce que j’ai fait tout ça c’est pas tellement marrant.. Mais le métier de comédienne ça c’est intéressant. Qu’est ce que c’est déjà une comédienne vous croyez ?

Driss : Une comédienne joue.

Mon ami Grégory..

Greg : Oui mon ami Driss, oui !

Driss : Est-ce que quand on a un métier, le métier de jouer, est ce que c’est un métier sérieux ?

Greg : oui un métier sérieux, c’est comme au théâtre on travaille bien. Mais je peux poser des questions ? Vous faîtes quoi vous dans la vie ? Votre prénom c’est Emmanuelle ?

EB : Oui…

Greg : Alors qu’est ce que vous faîtes vous dans la vie ?

EB : Je t’ai dit je suis comédienne.

Greg : Tu es comédienne, ça veut dire quoi comédienne ?

EB : Justement…

Driss : Elle joue.

Greg : Avec qui ? Avec qui tu joues, avec le public, avec beaucoup d’amis, avec les copains, les copines ?

EB : Je joue avec tout le monde

Greg : Et le public, quand il y beaucoup de monde, ils viennent aussi de temps en temps vous voir ? Mais tu les invites quand ils viennent vous voir ?

EB : Je les invite et ils paient aussi

Greg : Ah ils paient aussi. Ils paient pour la pièce. Qu’est ce que tu joues comme rôle, qu’est ce que tu aimes comme rôle, qu’est ce que tu aimes au théâtre ?

EB : Faire rire.

Greg : Est-ce que tu joues l’africaine ?

EB : Jouer l’africaine, j’ai jamais fait mais j’aimerai bien.

Greg : Et ça te plaît beaucoup jouer, l’africaine ?

EB : Oui j’aimerais bien…

EB : ( elle prend l’accent africain ) Ca dépend des accents, si tu veux je peux te faire l’accent de Dakar, l’accent sénégalais, mais je sais pas faire d’autres accents….

-Bravo, bravo

Greg : Et après il t’applaudit le public, et après tu salues quand t’as bien joué.

EB : Et après je salue quand j’ai bien joué.

Greg : C’est bien de poser des questions, c’est bien hein ?

EB : Tu poses de très bonnes questions…

Alexandre :…Apparition

 

EB : Oui je t’avais dit mais ça sort pas tout de suite ça…Y a aussi autre chose, quand on est comédienne, on joue un rôle, ça veut dire qu’on joue quelqu’un d’autre alors on imite un peu aussi, on peut imiter quelqu’un. On le regarde beaucoup et après on essaie de l’imiter, on s’imagine qu’on est lui et on s’imite…

-Qu’est ce qui vous arrive quand vous imitez quelqu’un ?

-Il m’arrive rien !! Est ce que quelqu’un a déjà imité quelqu’un ?

-Anaïs !

-Charly : J’imite Ronald !

EB : En fait un comédien, il regarde beaucoup, il observe et il prend, c’est un voleur.

-Emmanuelle moi, j’imite Moïse Assouline

EB : Bah imite moi Moïse Assouline!

-J’adore faire de l’humour, va !

Driss : c’est un tic de langage de Ronald, il finit toutes ses phrases par «  Va » : « Je t’aime, va », «  J’aime l’amour, va ! », « Je t’emmerde, va ! », « T’es chiant, va ! »

EB : Donc, tu te reconnais Ronald ?

Parce que des fois quand on se fait imiter, on ne se reconnaît pas,

(Non erreurs dans le journal avec Nathanaël)

Driss : Stéphane, est-ce que tu trouves sérieux quelqu’un dont le métier est de jouer ?

Par exemple travailler à la poste c’est sérieux, n’est ce pas Gregory ?

Greg : Bien sûr mon ami Driss, bien sûr. Ils travaillent beaucoup à la poste

Driss : Pendant longtemps, pendant très longtemps c’était pas très sérieux,

EB : Les comédiens ? Pas du tout non…Même au temps de Molière puisqu’on était pas enterré correctement

Driss : On était même pas enterré correctement au cimetière avec les bons chrétiens, c’est un drôle de métier. Vous le saviez, tu savais que les comédiens n’étaient pas enterrés au cimetière avec il y a 3 siècles, c’étaient des espèces de parias qu’on enterrait je ne sais pas où…

EB : Dans la fosse commune

Driss : Mais en dehors des enterrements chrétiens, tu savais ? Vous fricottiez un peu avec le Diable ?

EB : Toujours…

Driss : Comment il est le diable ?

EB : Il n’est pas si méchant que ça…par contre maintenant c’est devenu vachement sérieux le métier de comédien

Driss : Ah c’est devenu sérieux

EB : Ah c’est plus la même chose, c’est plus…

-Ca allait avec le style de vie des artistes

… EB : Oui, le fait que rien ne soit établi, le lendemain on ne sait pas ce que c’est on peut être reine et servante, mais il est devenu sérieux, les gens rigolent moins qu’avant, les gens se prennent plus au sérieux, c’est presque un placement pour faire de l’argent, pour faire vedette. Une actrice, une vedette, c’est pas pareil…

Driss : Toi, tu ne te prends pas au sérieux ?

EB : Ah non…j’espère

Driss : Bah t’es dans la merde, là.

EB : Oui, je suis dans la merde, là ! Normal !

-T’aurais jamais du dire ça, dire que t’es dans la merde, t’aurais jamais du dire, ça..

EB : Non mais t’as raison je ne suis pas totalement dans la merde mais je travaille pas beaucoup quand même.

Driss : Si elle prenait son métier au sérieux, elle ne serait pas là, hein, on aurait pris un rendez vous…

EB : Je me serais désistée bien sûr…

-Vous travaillez depuis quand ?

EB : Ca fait vingt ans…

-Emmanuelle, on est quel jour aujourd’hui ?

-7

Driss : Je me demandais si Molière se réveillait maintenant et allait faire un petit tour à la comédie française je pense pas qu’il partirai en courant, pour lui c’est un cauchemar,

EB : Ca serait un cauchemar parce que c’était y a plus de liberté, y a que des clans, tout le monde est malheureux comme des pierres les clans politiques, y a que des clans, et si on ne fait pas partie

Driss : Oui mais y a toujours eu des clans, même de son temps, y avait des clans…

EB : Je sais pas mais en tout cas ils sont très malheureux là bas, je ne connais pas de gens heureux à la Comédie Française

Driss : Y a toujours eut des clans… Mais ils étaient plus fous…la Comédie Française est un lieu, on a l’impression qu’on rentre dans un musée…

EB : Pas de risque, on prend pas de risque, Molière il prenait des risques tout le temps…D’ailleurs, on ne le jouait pas par moment, il était mis en quarantaine, on ne voulait plus de lui, je crois que c’est au moment de TARTUFFE, au moment de Tartuffe il est resté à l’amende, ç’a pas été joué pendant vachement longtemps Tartuffe, ça était refusé, c’est tellement d’actualité Tartuffe !C’est sûr Il était plus courageux, il était plus courageux dans ses pièces, dans ses écrits et dans tout… Il avait une vie un peu dissolue il était marié avec la mère et la fille de…quand même il n’était pas banal non plus…sur tous les points.

Driss : Son théâtre est un théâtre qu’on a voulu comme beaucoup de grands classiques, bloqué, dompté, arrêté, verrouillé, momifié

EB : Et pas faire rire alors qu’il voulait faire rire tout le temps lui…

Driss : On ne rie pas hein ?

EB : Faut pas, surtout pas, Molière c’est de mauvais ton, alors que c’était à mourir de rire, c’est pour ça que quand Louis de Funès a fait « L’avare », c’était vachement bien.. Je suis sûr que c’était exactement comme ça qu’il l’imaginait, y’avait une queue de Paon c’était à mourir de rire. Vous avez vu le film de L’avare avec Louis de Funès ? Pour draguer au moment où il salue la dame, il a une énorme queue de paon qui apparaît derrière, c’est drôle…

-T’as joué quels rôles ?

EB : Plein de choses, surtout des bonnes sœurs…Je ne sais pas pourquoi j’ai fait plein de bonnes sœurs.

Anaïs : Emmanuelle, tu connais Salvador Dali, le peintre ?

EB : Oui je connais…bien sûr

Anaïs : On a un livre à la maison…

EB : Un peintre fou justement…

EB : La compagne de Salvador Dali, Amanda Lire ?

Driss : Alexandre, est ce que tu aimerais faire ce métier de comédien ?

Alexandre : Non, ça ne me tente pas…

EB : Et les raisons pour lesquelles ça ne te tente pas, à priori tu ne serais pas…

Alex : Est-ce que je suis capable de faire rire, c’est pas sûr…

Driss : Tu me fais rire.

EB : Ah d’accord…Moi je trouve que tu me fais rire… Oui, t’as beaucoup d’humour, t’as énormément d’humour ?

Alex : Mais j’ai du mal à accepter celui des autres, l’humour qui vient de l’extérieur, en général…

EB : Tu veux dire qu’on se moque de toi ?

Alex :Oui, voilà.

EB : T’aimerais pas trop ? Oui, parce que c’est vrai quand tu fais rire, c’est dur car effectivement on se moque de toi, pratiquement toujours quand tu es drôle, tu es ridicule, souvent. Moi, j’ai été enlaidie un paquet de fois, c’est pour ça qu’il y a beaucoup de femmes qui ne veulent pas le faire, qui ont un problème avec ça. Il faut accepter d’être moche, d’être vieillie, d’être ridicule, d’être con.

Alex : Des fois c’est un peu scabreux, je trouve…

EB : Ca peut l’être, c’est à la limite, oui. C’est vrai.

Driss : Est-ce que tu as déjà entendu quelqu’un te dire qu’il n’a pas envie d’être acteur, ni comédien ?

EB : Oui, pas mal de gens car moi globalement je suis plus amie avec des gens pas du métier et tous ils me disent :  « oh mon Dieu, quand on voit comment tu galères, non… »

Driss : Pas cet aspect là…

EB : Non…quand on les côtoie je t’assure…

Driss : Mais tout le monde a joué quelque chose à un moment ou à un autre…

EB : Oui mais c’est du théâtre amateur, qu’on fait comme ça pour s’éclater.

Paula : Même Driss il a joué à Avignon , il est comédien…

EB : T’as joué en amateur en Avignon ?

Driss : A Avignon, j’étais un meuble, je faisais parti du décor…

EB : Mais tu as joué quoi ?

Driss : Sans rougir, très honnêtement je n’appelle pas ça jouer, jouer ça veut dire… jouer. Alors que là vraiment je n’étais plus qu’un meuble, faisant parti d’une espèce de décor.

Paola : Non, il a joué, il a introduit… en lisant textes de … C’est joué.

Driss : J’avais pas la conscience que je jouais.

EB : T’étais toi ou t’étais quelqu’un d’autre ?

Driss : Non, j’étais moi.

EB : T’interprétais quand même ?

Paola : Oui, il interprétait…

Driss : J’interprétais ?

Paola : Oui ! T’en avais tout l’air…

EB : On est obligé de toute façon de le faire instinctivement, quand tu te retrouves sur une scène tu commences à théâtraliser un peu c’est normal, ne serait ce que vocalement. Tout d’un coup tu te mets à parler plus fort, tu parles avec le ventre, tu fais une voix très puissante qui fait qu’on t’entend très loin là bas et que tu sois très tranquille pendant 2heures et demi, tu parles très très fort comme ça en disant des trucs très intimes.. C’est ça qui est vachement dur…On est sensé chuchoter quelque chose mais faut qu’on entende au bout là bas…(elle chuchote très fort) Chut, ne viens pas, ne viens pas… Mais on le dit super fort, c’est vachement dur…

Driss : Dis le « chut, ne viens pas » du ventre.

EB : Oui, c’est un espèce de truc comme ça mais c’est du ventre oui…Pendant longtemps ma prof me disait parle avec le ventre et je comprenais pas du tout ce que ça voulait dire. Donc je parlais comme ça très fort et elle me disait : «  plus fort ! » et je me pétais la voix en gueulant. Elle me disait : avec le ventre ! Et je disais : Mais comment avec le ventre ? Je comprenais pas « avec le ventre ». Et un jour elle m’a donné un coup de poing dans le ventre, j’ai fait « han », et j’ai dit : ha oui il y a un truc qui sort, c’est bien… et petit à petit comme ça… Mais c’est vachement abstrait. Mais c’est surtout quand on doit dire très très fort, justement dans une scène d’amour par exemple très intime où on doit dire : « Oh, mon chéri…je sais pas machin truc » mais on le hurle…Il a les cheveux qui font ça comme dirait le poulain C’est surréaliste un peu. Ca c’est de la technique par exemple. Faire large, théâtralisable.

Alexandre : Mais bon, l’humour, je crois c’est un truc qu’on a ou qu’on a pas…

EB : Mais tu en as par exemple…T’en as ?

Alex : Pas toujours.

Driss : Tu sais quand même, je vais te dire. C’est très important ce que dit Alexandre. On est allé ensemble voir le spectacle de BUFFO, et Buffo démarre toujours son spectacle sur une espèce de tromperie du départ, il y a une voix off qui annonce, soit un pianiste célèbre qui vient pour la première partie, voilà, donc je l’ai joué…

EB : t’as joué quelqu’un d’autre, t’étais un pianiste moscovite ?

Driss : Oui.

EB : Au départ, c’est pas toi du tout ?

Driss : Ah non, du tout… Soit là, la dernière fois, il a annoncé : « En première, extraordinaire ! Un clown qui vient de Russie! » En première partie du spectacle, arrive un clown russe bariolé avec tout plein de trucs russo-machin et puis hop il se débarrasse de ses accoutrements et Buffo prend la relève. Alexandre sort du spectacle en très grande colère, il a dit : « Ce clown est minable, il est impoli, il a roté, il a dit des grossièretés, c’était absolument insupportable, j’espère maintenant que Buffo va être à la hauteur ! » Il est resté dans la tromperie, il n’a pas compris, il attendait jusqu’au bout, il pensait que c’était vraiment une première partie et qu’on allait voir Buffo après. Il a supporté avec beaucoup de souffrance Buffo.

EB : Et après est ce que tu…

Driss : Et c’est le seul qui a osé dire à Buffo : « Tu as été absolument lamentable. »

EB : Mais après tu as vu dans la seconde partie…

Driss : Il n’y a pas de deuxième partie…C’était dans la lancée…

EB : On sent bien qu’il y a un changement qui s’opère…dans le caractère ?

Driss : C’était subtil.

Alex : Faut le voir…

EB : Faut le voir pour le croire ! Mais tu sais Alexandre après on a nos humours, on a un humour personnel, c’est très personnel l’humour…Il y a des choses qui font rire certains et pas d’autres. Le fameux Bigard, il y a plein de gens qui ne l’aiment pas du tout qui trouvent qu’il est très vulgaire.

Alexandre : Moi, je sais que je ne l’aime pas…

EB : Coluche, tu aimais Coluche ?

Alex : Je préférais peut être Coluche à Bigard…

EB : Plus subtil…

Alex : Coluche n’était pas mauvais mais Bigard a un côté…non puis il est grossier ! Faut vraiment le connaître.

EB : C’est ça justement le paradoxe, il paraît, enfin il paraît, c’est un mec vachement bien Bigard. C’est vraiment un mec très très bien, je les croisais une fois, et c’est vraiment unanime, c’est un mec super. Lui il assume complètement il y avait une place de vulgaire à prendre je l’ai prise. Personne ne la voulait et voilà.

Alex : Mais justement, c’est mon opinion personnelle, mais je trouve que ça ne lui va pas.

EB : Mais toi tu ne dois pas aimer ça du tout du tout. Mais lui comme il est très à l’aise avec ce truc, ma foi il le vit bien.

Driss : Est-ce que vous vous rappelez qu’on a eu à la fête du Papotin Bigard ?

Sarah : J’ai vu une pub dernièrement, il y a un steak haché qui s’appelle Bigard…

EB : Oui, t’as raison y a un steak haché…

Driss : Ce que dit Emmanuelle, c’est un peu troublant. C’est vrai qu’avec Arnaud, avec Thomas, avec Laurent, on était resté un bon petit moment avec Bigard. Et on sentait un gars très délicat ;

EB : Absolument, très humain et très délicat.

Driss : Et je me disais qu’est ce que c’est ce truc, est ce qu’il est impressionné par nous, par Thomas, par Laurent, est ce qu’il était intimidé. Et il a fait un bout de sketch qui ne correspond pas du tout au personnage vulgaire qu’il donne à voir, c’était assez bizarre.

EB : Il est parti sur autre chose.

Driss : Et qui était très rigolo. A la fête du Papotin, on a eu quelqu’un et là c’était absolument génial, je buvais du petit lait, on a eu quelqu’un à la Cigale qui était mais alors vulgaire, vulgaire, mais vulgaire, à un degrés inimaginable, et alors ça a mis la maman d’Arnaud dans tout ses états, Didier Bénuro.

EB : Mais moi il me fait assez rire, je me souviens pas du tout qu’il était là. Je sais que je suis assez fan personnellement. Il n’a peur de rien, il a aucun tabou, il va partout.

Driss : Ca m’a plus, c’était absolument génial. Pour moi, c’était exactement ce qu’il fallait parce s’il n’y avait pas lui qui est venu à un moment secouer le cocotier on tombait presque sur le patronal.

EB : Oui je vois ce que tu veux dire. En même temps, on revient à cette fameuse question, qui est plus que jamais d’actualité : Peut on rire de tout ? Car aujourd’hui, on n’a pas le droit de rire de énormément de choses. Si on lit justement, je l’ai relu exprès pour rigoler, « Chroniques de la haine ordinaire » de Desproges et je me dis mais mon Dieu, mais aujourd’hui il referai ça mais il aurait au moins quinze procès, ce qu’il disait, c’était de la folie et ça passait super bien, c’était vachement drôle et tout. Et Coluche pareil. Et là c’est pareil ça va avec le côté sérieux, et il y a plein de gens qui pensent qu’on ne peut pas rire de tout. Par exemple toi, Alexandre, tu penses qu’on peut rire de tout ?

Alex : Ca dépend, ça dépend. Il y a des sujets sur lesquels il vaut mieux rester sérieux.

EB : Lesquels par exemple ?

Alexandre : Je vois par contre celui qui fait rire mais faut avoir l’humour mal placé… C’est Gerra. Bon c’est… qui lui écrit tous ses textes, je trouve que des fois c’est un peu limite.

EB : Sur quels thèmes ça te choque ? Tu te souviens de thèmes précis où tu te dis là je trouve qu’il est pas drôle…c’est pas bien.

Alex : Non je ne me rappelle pas de thèmes très précis mais…je me dis bon sang

EB : Indépendamment de Laurent Gerra, tu te dis moi, non si on touche à ça, je suis pas d’accord, il y a des thèmes comme ça où tu te dis ça ou pas?

Alex : Moi je vais poser la question un petit peu différemment, comment réagis tu si on touche à quelque chose ou à quelqu’un

!qui t’es chère, tu réagis comment ?

EB : c’est bien ce que tu dis par ce que c’est pas…Si je sens que c’est vraiment pas méchant et que c’est de la boutade comme ça se pratique beaucoup… Par ce qu’il y a aussi des régions, dans le midi par exemple… ma famille qui est originaire du Sud, dans les pays du Soleil, les gens se vannent beaucoup, on se moque de soi, on est habitué à se chif.. D’ailleurs on perd ça, moi ici à Paris j’en souffre un peu, on t’envoie une vanne, elle tombe splotch, on se fout pas de nos propres tronches, on se moque pas de nous. Alors si c’est pas méchant j’ai l’impression qu’on peut absolument tout me dire.

Alex : Si la vanne est méchante

EB : Je suis vexée, dis donc toi-même…

Alex : Mais est ce que tu es quelqu’un de rancunier ?

EB : Non, je pardonne mais je n’oublie pas.

Driss : On reste dans l’ironie, est ce qu’on a le droit de rire de tout ?

Pour toi qu’est-ce qu’il faut absoulument éviter ?

Nathanael : Pour moi, on est tous des hommes égaux. Je ne veux pas de moquerie injuste.

Driss : La moquerie, c’est toujours un petit peu méchant on ne parle pas de se moquer de quelqu’un, ça c’est une méchanceté, mais rire, rire de quelque chose, d’une situation dans laquelle est quelqu’un.

Nathanel : Ca c’est acceptable.

Driss : Moi, je pense que c’est très important, moi je pense qu’il ne faut absolument s’interdire de rire de quoi que ce soit car sinon, car autrement c’est absolument infernale, c’est une horreur.

EB : Je comprends pas ta phrase, ça veut dire qu’on peut rire de tout pour le coup?

Driss : Si on censure son rire, c’est …

EB : Juste une histoire pour te dire quand tu as de l’humour à quel point on peut rire de tout, j’avais une grand-mère maternelle elle était dans un hôpital de vieilles dames, c’était pas très rigolo, elle se ratatinait, elle allait mourir bientôt, c’était une femme qui était joyeuse qui avait la pêche, elle avait énormément d’humour. Et je lui dis : est ce que tu veux qu’on aille faire une promenade, et elle me répond : « Ma pauvre chérie, je suis à un état où je ne peux plus faire que le tour du pot de fleur. Ca je trouve ça vraiment génial, c’est vraiment de l’humour, elle même elle est capable de se moquer du fait qu’elle va plus qu’à 2 à l’heure et qu’en effet elle ne peut plus faire que le tour d’un pot de fleurs. Je trouve ça génial, c’est une appréhension de la vie qui fait que tu peux te moquer de toi-même, que tout est plus léger, et que t’arrive à éclater de rire même avec un truc un peu triste

Driss : Et ça fait du bien !

EB : et moi ça m’a fait hurler de rire.

Alex : Dans ce cas là, on peut rire de ce qu’il se passe au Moyen Orient en ce moment ?

EB : On pourrait , pourquoi pas si c’est dit de façon..

Alex : Non, c’est beaucoup trop grave..

EB : Tu vas pas le dire à quelqu’un qui est entrain d’agoniser par terre tu ne va pas lui faire une blague, ça c’est sûr. Mais tout dépend dans quel contexte… Si tu savais ce que disait justement Desproges quand il arrivait dans la salle et qu’il disait : j’espère qu’il n’y a pas de juifs ou des trucs comme ça il disait des trucs énormes, sur les arabes, les juifs, il arrêtait pas, c’était drôle.

Il avait le cancer à l’époque : il disait : je n’aurai jamais le cancer, je suis contre, il l’avait déjà. Ou chercher l’erreur : Schwarzenberg ou métastase, que des trucs comme ça et il l’avait lui-même. Bon c’est sûr, on peut se dire c’est plus facile d’envoyer la blague soi même quand on a le truc, si ça venait de quelqu’un d’autre, ça serait peut être plus…

Anais : c’est triste de ne pas rire. Les mots me font peur. Pourquoi madame les mots me font peur, pourquoi ?

Driss : Si tu vas voir Marceau le mime, il n’y pas de mots.

-Emmanuelle, t’as des grands pères à l’hôpital ?

EB : Non, ils sont tous…

-Elles faisaient quoi les mémés ?

EB : Alors les mémés elles faisaient rien, et les grand pères il y en avait un qui était un aventurier marin, et puis l’autre il était avocat. Et celui qui était marin, il avait un humour incroyable.

Driss : Qu’est ce qui te fait rire toi, Thomas ?

Thomas : Le papotin

Driss : C’est vrai ? Je suis très content que tu dises ça parce que dans nos lieux de travail, là où on est avec les jeunes c’est des lieux qui étaient de mon temps très compassés, très sérieux, l’hôpital de jour, des lieux où on ne rit pas, où on affiche une gueule triste. C’est des situations comiques incroyables, il y a des thérapeutes qui passent la journée comme ça… (rires)

Alex : tu vas à Santos parce que tu aimes ce que tu fais mais tu dois pas rire tous les jours parce que la population n’est pas facile, je dirais

Driss : Ecoute le rire est le propre de l’homme

EB : Si on ne rit pas, on explose.

Driss : Et pour moi c’est mépriser quelqu’un que de ne pas partager avec lui cette dimension…

Alex : Oui mais à ce moment là tu vas rire des angoisses.

Driss : Je ne ris pas des angoisses, je ne ris absolument pas des angoisses. L’angoisse est une chose réelle mais on peut dépasser un petit peu son angoisse si on rigole un petit coup, on peut la dépasser un petit peu cette angoisse. Si t’es angoissé et malheureux parce qu’il y a des choses qui t’angoisses et tu me vois arriver moi avec une gueule d’enterrement qu’est ce ça fait à ton angoisse, ça la plombe encore plus !

Alex : Ca va être la totale. La totale

EB : Et toi Arnaud qu’est ce qui te fait rire ? Quand tu éclates de rire, qu’est ce que c’est ?

Arnaud :…

Je ne me rappelle plus quand c’est ton anniversaire, tu peux me le redire ?

EB : Le 20 avril.

Thomas : C’est un mercredi, c’est mercredi prochain.

EB : Bingo !

Driss : Et toi Claire qu’est ce qui te fait rigoler ? Au lycée ?

Claire : Beaucoup de choses me font rire.

Driss : Est-ce qu’au lycée tu ris ?

Claire : Pas beaucoup, en permanence.

EB : Les fous rire de cours, c’est quelque chose…

Driss : je vais te raconter une petite histoire très rapide, notre ami Yvan que vous connaissez bien…

Anais : Raconte moi une histoire de Salvador Dali, elle est mieux.

Driss : Non, l’histoire d’Yvan c’est beaucoup mieux que celle de Salvador Dali, beaucoup mieux… je pense que Salvador Dali aurait rêvé de connaître et d’écouter l’histoire de l’ami Yvan. Yvan est un éducateur à l’hôpital de jour d’Anthony, c’est un grand zaïrois noir comme son nom l’indique plein de rondeurs et un monsieur d’une douceur infinie et qui rêve à l’époque de retour dans son pays natal, le Zaïre, le beau fleuve, la forêt, les petits oiseaux, les gens doux, et la vie en plein air. Et il se dit : merde, je suis coincé dans ce pays avec plein de blancs avec des gens tristes avec des gens qui ne savent pas faire la fête et tout ça. Si je faisais quelque chose pour préparer mon retour là bas… Au Zaïre et il a eu une idée incroyable : il a acheté un bus à la RATP, parce que la RATP de temps en temps brade ses bus qui ne sont plus tout à fait aux normes mais qui marchent bien et au Zaïre, un bus c’est autre chose

EB : T’es le roi du monde !

Driss : La RATP dans la brousse c’est absolument génial. Et comme c’est un éducateur qui ne touche pas plein de sous, comme son métier l’indique, et il n’a pas un pécule important même pour acheter un bus dégriffé, il va voir la RATP. Il y va avec ses rondeurs, avec sa classe, avec son visage rond, avec son sourire et sa bouille naïve, il va à la RATP, il leur dit : je veux acheter un bus. On lui dit : Monsieur, il n’y a pas de problème, c’est tant. Il a dit : J’ai pas d’argent. Mais si vous le voulez bien, tous les mois je viendrai verser une somme, et vous garderez le bus jusqu’à ce que j’ai terminé de payer, et je prendrai mon bus. On le regarde : Ca se fait pas en France…Le chef de bureau dit : oui, oui, ok, pas de problème.

Yvan commençait à se priver de boire un petit coup, il a privé ses enfants de yaourts pour économiser pour le bus, il a privé sa femme de phare parce qu’il faut économiser pour le bus et ceinture, ceinture et tous les mois, la paie, il court à la RATP, et il dépose. Et puis un jour, la RATP, comme toutes les fins du mois, il dépose sa somme et on lui dit : Monsieur vous avez payé maintenant, votre bus, il est payé prenez le, dégagez ! Il n’avait pas prévu ça.

EB : Mais est-ce qu’il sait conduire un bus ?

Driss : Non !! «  vous pouvez pas le laisser…ici ? », «  Non, non il n’en est pas question ça nous prend énormément de place, vous l’avez payé, vous dégagez. Dégagez votre bus. »

C’est pas fini !

Greg : On n’écoute mon ami Driss.

Driss : Il négocie comme il peut à l’africaine. Finalement, on lui fait une grande faveur, on lui trouve un chauffeur qui le lui amène là où il veut le déposer mais il n’a pas de lieu où il veut le déposer . Donc il l’amène dans sa cité à Aulnay sous Bois, là dans la cité avec plein, plein d’immeubles : avec le bus de la RATP et il lui gare son bus devant son immeuble à Aulnay sous bois et mon ami Yvan était heureux très fier le soir quand il revenait il regardait son bus, les mômes étaient vachement fiers : c’était le bus de Papa. Et le soir quand il se met sur son balcon, il passe son temps à regarder son bus et il rêve de ce que ce bus va lui rapporter comme pécule, va rouler sur l’or. Le week-end pas de fête, il descend avec ses gamins avec les seaux : et on brique et on nettoie le bus : et c’est pas une mince affaire ! Ils le font tourner pour que le moteur tourne.

EB : Il va se le faire casser son bus…

Driss : Et alors, le temps qu’il trouve quelqu’un qui le lui amène jusqu’à tel endroit pour qu’il embarque dans un bateau pour qu’il puisse…etc mais il n’avait pas de sous suffisamment donc il était là à ramasser son pécule pour pouvoir faire son voyage au Zaïre, Et puis une nuit où il était dans les bras de sa chérie entrain de rêver donc de ces choses merveilleuses qui l’attendent bientôt, il entend des hurlements, des cris, il se lève, il sort, il regarde et il voit des gens qui crient : on vole le bus, on vole le bus ! Il descend en courant à moitié à poil pour pouvoir sauver son bus et c’étaient des gamins qui avaient réussis à le faire démarrer etc.. et qui n’ont pas su conduire un bus et sont rentrés dans une bagnole, qui sont rentrés dans une 2ème bagnole, les flics arrivent, le voisinage etc, la police. Yvan à moitié à poil dit c’est mon bus, c’est mon bus. Les flics : «  Ramasser ce mec là et mettez le en tôle. », «  Mais je vous dis que c’est mon bus. » Sa femme crie : « mais c’est notre bus ! », «  Complètement cinglé dans cette cité ! » Personne n’irait penser, encore moins un flic, qu’un bus de la RATP appartenait à Yvan ce grand… Donc il se retrouve embarqué à moitié à poil dans un commissariat où on le jette dans un truc jusqu’à ce qu’il prouve, sa femme arrive avec les papiers.. Comme il est rentré dans des bagnoles il fallait qu’il paie les dégâts, en plus il était pas assuré, il avait pas suffisamment de sous pour assurer son bus, ça fait encore des dégâts. Finalement, les propriétaires des voitures ont été plutôt sympa, les choses se sont arrangées, on remet le bus à sa place… L’épisode du commissariat où il se fait malmer, c’était pas rien. Quelque temps après, il était reparti dans ses rêves la nuit dans les bras de sa chérie à rêver à des lendemains absolument merveilleux et il entend : Au feu ! Il regarde : le bus crame.

Et l’ami Yvan qui s’écroule, ses rêves partent en fumée, tous ses projets sont…La maisonnée, les mômes, la femme, les voisins, lui c’est le drame. Plus personne n’ose en parler. Ca aurait pu s’arrêter là, non ce n’est pas fini. Après quelques jours, il voit débarquer chez lui, il était là chez lui tranquille en pyjama des agents de la municipalité, de la police etc.. en lui disant : « Le débris dehors, il faut nous débarrasser de ça, on peut pas laisser ça dans la cité, on vous laisse tant de jours. » Alors il va voir un ferrailleur, il fait le tour des ferrailleurs et les ferrailleurs lui disent : «  non, non on vous prendre ça mais il faut nous amener ça en petits morceaux. Avec cette carcasse on sait pas comment on peut … » «  Mais comment … » , «  débrouillez vous… » Et pendant des week-ends, Yvan, ses cousins, ses voisins, ont acheté des chalumeaux, du matériel et ils découpent le bus, et ils découpent en petits morceaux. Véridique ! Ils coupent, ils dépècent. Et quand il a fini de dépecer il fait venir les ferrailleurs et puis ils lui disent : «  oh là là c’est quoi ce truc non on va prendre ça, ça non… » il restait un amas de choses dont personne ne voulait et il rentrait chez lui il regardait ça, il sortait de chez lui, il regardait ça, il en pouvait plus, et puis un jour il entend frapper à sa porte et il ouvre il voit deux blancs et là c’était plus possible, le blanc qui arrive dans la cité habitée à 99% de noirs et qui tapent à sa porte c’est qu’ils apportent une mauvaise nouvelle et lui il en avait jusque là, il ouvre, il dit : « oui ça c’est à moi et je vous emmerde, qu’est ce que vous voulez ? » C’est un mec qui ne se met pas en colère… Ils disent : «  non monsieur, on veut savoir si on peut vous débarassez de ça nous prenons tout donc vous avez à ne vous occuper de rien » Le premier geste humain

EB : Qui c’étaient ces gens ?

Driss : de la mairie. L’histoire d’Yvan se termine là il a ramené ça à son travail il en parlait à , il devenait blanc son teint noir magnifique a commencé à perdre de son lustre. Il dit à l’un puis il dit à l’autre puis il me raconte à moi son ami et je ris, j’éclate de rire et il me regarde et il me dit tu es fou, et je ris mais cette histoire est tellement irréelle et tellement énorme que j’en ris et c’est grâce à moi qu’il a réussi à se débarasser de cette merde là parce que je lui ai fait raconter son histoire à la femme de Bernard Billier dans l’espace Cardin, un soir je lui ai dit raconte ton histoire à Mme Billier et moi j’étais mort de rire et elle était affligée par son histoire incroyable. Tu veux pas faire une histoire avec ça ?

EB : Et maintenant est ce qu’il l’a raconte en rigolant, comme une farce, une horrible farce…. Driss : C’est le rire qui a réussi à se débarrasser de ça parce que c’était dramatique, c’était une horreur.

EB : C’est comme si il avait jeté de l’argent par les fenêtres

Driss : C’est pas tant l’argent par les fenêtres, c’est le rêve qui est complètement cassé et détruit et en même temps… Et c’est une histoire dramatique qu’il a pu dépasser que parce que finalement on en rit et c’est la seule chose…

EB : en rire, c’est prendre un peu de hauteur, tu te dis c’est surréaliste…

Driss : On peut faire une belle pièce avec, elle ..

EB : Oui, c’est une jolie histoire, un joli film aussi

Driss : Avec des rappeurs qui hurlent, on pourrait faire plein de trucs qui pourraient ramener plein de fric à Yvan !

EB : Pour le coup il faudrait trouver un réalisateur, peut être la fille qui a fait le documentaire. Un petit film unitaire pour France 3. Ca coûte pas cher

Driss : Il faut le faire dans une dimension double entre le drame et le rire

EB : C’est tellement terrible que t’arrive à en rire… J’avais rencontré dans le train une femme extraordinaire qui était entrain de parler à des jeunes. elle était vachement curieuse, et vous venez d’où et vous allez où et d’un coup je me suis dis elle est bien cette bonne femme, elle est curieuse et t’es en quelle classe et machin et au bout d’un moment j’entends, c’est quoi madame les chiffres que vous avez sur votre poignet, alors là j’ouvre l’œil, ohlà, et j’entends qu’elle dit et bah tu vois c’est à Auschwitz qu’on m’a fait ce tatouage avec les numéros. Je me dis c’est la première fois que j’en croise une en vrai qui a les numéros et les jeunes étaient super impressionnés et cette femme là a fait un film qui s’appelle : « La petite prairie aux bouleaux », elle s’appelle Marcelline Loridant et dans son film à un mom elle retourne à Auschwitz où elle a vécu un sacré temps et on la voit et elle fait pipi dans un coin comme ça dans Auschwitz caché derrière les herbes et on lui dit : Qu’est ce que vous faîtes, c’est un sacrilège ! Et elle dit : je suis chez moi ! Et ça c’est extraordinaire, c’est ce que je préfère dans tout le film parce que si t’es capable de faire pipi à Auschwitz et dire c’est chez moi, et t’es juive, là on peut rire de tout !

Driss : Pascal, Eli, tu connaissais l’histoire du bus ? Il faudrait l’écrire.

EB / Driss tu pourrais pas partir avec Yvan et le Papotin en Afrique il l’aurait son bus, il l’aurait son arrivée.

Sarah : Est-ce que tu sais que le Pape Jean Paul II est mort ?

EB : Oh oui, comment ne pas le savoir ?

Alex : Comment avoir un bus qu’il ne peut pas conduire

Driss : Il y a des gens qui savent conduire des bus lui il est propriétaire