Le Papotin a rencontré à plusieurs reprises Hamou Bouakkaz, Conseiller du Maire de Paris en charge des personnes handicapées. C’est grâce à sa ténacité que le comité de rédaction a pu rencontrer Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville.
Les rencontres de ce type sont des événements pour toute l’équipe de rédaction : ils marquent chaque fois notre inscription effective dans la vie politique et sociale et montrent à chaque fois combien les Papotins sont des citoyens concernés et attentifs.

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Arnaud : Je peux te tutoyer ?

HB : Mais, oui tu fais comme chez toi.

-Tu n’es pas Bertrand Delanoë toi?

HB: Ah non je ne suis pas Monsieur Delanoë, moi non… Je m’appelle Hamou Bouakkaz

Arnaud : Ca t’es égal ?

HB : Ca m’est pas tout à fait égal…

Arnaud : Je peux t’appeler par ton prénom ?

Driss : On ne va pas tous bouger… Ca va être un peu compliqué…On est dans une salle… Tu veux serrer la main à monsieur Hamou Bouakkaz?

David : Oui..

Driss : Voilà , c’est David.

David : Bonjour, je m’appelle David.

HB : Vous allez tous bien

Tous : oui..

HB : Vous vous rappelez l’interview avec Bertrand Delanoë ? Ca vous a plu ?

Grégory : Moi j’étais pas là, j’ai pas pu y aller..

HB : Ca c’est terrible Grégory, tu nous a manqué..

Greg : Toi aussi tu m’as manqué, toi aussi tu m’as manqué… Ton prénom, c’est ?

HB, C’est Amou, c’est comme Amour mais y a pas de R

Greg : Oui monsieur

N : J’aimerai bien que les habitants de tous continents se respectent

Driss : Tu aimerais que les habitants de tous les continents se respectent… Beau programme.

HB : Mais comment on fait maintenant ?

N : J’aimerai bien que les peuples puissent disposer d’eux même

Driss : J’explique à Monsieur HB. On finissait une discussion qui a commencé il y a déjà pas mal de temps avec Nathanaël.. il en a parlé d’ailleurs un petit bout à Monsieur Delanoë la semaine dernière… qui est dans cette espèce de préoccupation de constituer une entité politique qu’il appellerait l’Eurasie..

HB : Il est très nature..

Driss : Voilà. Et il n’y a que ça qui l’obsède parce qu’il ne supporte pas… Je pense qu’il a du mal à supporter les frontières un peu plus étroites. Et il est dans…

HB : Un bloc de terre émergé ça doit être une entité.

Driss : Bon on va revenir sur ce..

HB : Mais on peut en parler, c’est un sujet très passionnant

D : Ah bon ?

HB : Ah oui, bien sûr. Un sujet très passionnant !

Arnaud : Il s’appelle comment déjà le chien ?

Il s’appelle,Uzeste mon grand. Uzeste.

Arnaud : C’est le même chien que l’année dernière ?

HB : Oui c’est le même chien.

-Pourquoi tu t’es séparé de ta femme ?

HB : Ah c’est une excellente question… Tu vois tout à l’heure Nathanaël disait il faut que les peuples puissent disposer d’eux même. Alors pour que les peuples puissent disposer d’eux même il faut que les individus puissent disposer d’eux même… Donc je me suis marié, et la vie commune quand on se marie, entre un homme et une femme, il y a des bonnes choses et des choses plus difficiles. On va au restaurant et puis il faut laver les chaussettes. Donc il y a les habitudes, il y a le quotidien. Et ma femme a estimé à un moment donné que je ne correspondais plus à l’idée qu’elle se faisait du mari idéal… Donc et elle en a cherché un autre. Et pour vous dire le vrai elle le cherche toujours. Voilà pourquoi on se sépare d’une femme.

Driss : Depuis combien de temps vous êtes conseiller de Delanoë ?

HB : Depuis mai 2001. Bertrand a été élu maire en mars et moi je suis arrivé en mai.

Driss : Vas y Charly…

HB : Vous allez pas être sérieux comme l’année dernière ?

Driss : Non, non, ne t’inquiète pas…

HB : Je ne m’inquiète pas, moi je suis là…

-Tu es handicapé ?

HB : Oui chéri, je suis handicapé, je suis aveugle.

P : Elle veut vous dessiner.

HB : Ah volontiers…Je ne suis pas très beau, je ne sais pas si ça va valoir le coup…

Driss : Il l’avait dit. Monsieur Bouakkaz est aveugle de naissance. Donc ce n’est pas un accident ?

HB : Non ce n’est pas un accident…Ou si tu veux c’est un accident de départ. C’est comme si dans une série il y avait un problème de fabrication…Moi, les chargés de la fabrication de la liaison entre le cerveau et l’œil, ils ont oublié un câble. Ils ont oublié un câble, alors l’oeil dit « Allô ? » et le cerveau répond : « Il n’y a personne au numéro que vous avez demandé » C’est pour ça… Donc je ne vois pas.

-Vous connaissez Louis Braille ?

HB : Absolument je connais Louis Braille.

David : J’adore recommencer les habitudes à la mairie de Paris.

HB : Tu veux revenir à la mairie ? C’est ça ?

David : OUI

HB : Bien sûr tu seras le bienvenu puisque le maire a dit qu’il faudra vous inviter quand il y a des choses intéressantes, des concerts, des choses comme ça… J’ai bien compris, j’enverrai des invitations aux Papotins à chaque fois qu’il y aura quelque chose de bien.

HB : Tu parlais de Louis Braille. Louis Braille, c’est quelqu’un qui a été extraordinaire. Parce que grâce à lui les aveugles ont pu accéder à la lecture et à l’écriture. Avant les aveugles ne pouvaient que retenir les choses qu’on leur disait et grâce à Louis Braille ils ont pu lire des choses. Il y a deux grandes révolutions pour nous, c’est Louis Braille qui a inventé Le système Braille que j’ai ici sur cette machine et il y a maintenant l’informatique et l’internet qui nous permettent d’accéder à encore plus d’informations. Moi maintenant je lis le journal comme n’importe qui et je peux accéder à tous les sites internet comme n’importe qui. Et je lis tout ce qui concerne le Papotin je les lis sur les nouvelles internet que je reçois.

A la télévision je n’accède qu’au son évidemment, et bien sûr il y a des gens qui me décrivent les images. Mais je ne suis pas sûr d’être très perdant, je ne trouve pas qu’à la télévision il y ait grand-chose qui se passe de bien. A part quand il y a le Papotin, en général je m’embête.

Driss : Tu es gentil… Tu as vu donc le dernier reportage ?

HB : Oui j’ai vu le dernier reportage avec beaucoup de plaisir. Et j’ai trouvé Grégory très sympa, j’ai trouvé tout le monde très sympa.

Grégory : il a trouvé Grégory très sympa, très sympa

HB : Et Arnaud et tout le monde qui était là… et Anaïs aussi. Mais que ceux que je ne nomme pas me pardonnent car il y a des noms qui n’ont pas été affichés, ni dits. Alors évidemment je ne les ai pas retenus.

Arnaud : Hamou, il est gentil ce chien ?

HB : Ah oui très très gentil… Il s’appelle Uzes.

Driss : Il a quel âge ?

HB : 2 ans et demi… Mais tu sais c’est vraiment un chien super cool. Tu peux venir le caresser tant que tu veux. Regarde, c’est ce qu’on appelle un golden…

– J’ai peur des chiens

HB : Mais celui-ci, chéri, tu ne peux pas en avoir peur. Regarde il est tout sage. Mais tu as raison d’avoir peur des chiens car certains sont éduqués pour…

-Il ne va pas me mordre à moi ?

HB : Non jamais. Regarde comment tu t’appelles ?

-Frédéric ? Regarde sa bouche Frédéric, je prends sa bouche, je l’ouvre, je mets ma main dedans, il me fait rien du tout. Tu vois, il est très sage. Mais si on m’attaque il ne me défendra pas, parce qu’il n’a pas été éduqué pour ça. Lui il a été éduqué pour guider.

-Il ne mord pas le chien, Paula ?

-Non, Il mange mais il ne mord pas. Même si tu lui marches dessus il ne te mordra pas ce n’est pas dans ses habitudes. Tu vois, comme il sait qu’on parle de lui il se lève.

Driss : Il est très beau.

HB : Il s’en va quand moi je vais partir. Je le tiens et c’est lui qui me guide.

Oui, il est content

Grégory : Je peux poser des questions au Monsieur ?

HB : Tu veux savoir quoi Grégory ?

Driss : Et au chien tu ne veux pas poser de questions?

Greg : Oh si comment tu vas toi le chien ? Laissez le parler ! T’es heureux c’est vrai ? T’es venu nous voir ?

Driss : Comment tu le vois ?

Greg : Il est beau, il est gentil, c’est le toutou, le toutou…Ca va ?

HB : Assis.

Arnaud : Je pourrai le caresser ?

HB : Oui quand tu veux

Grégory : Je peux lui poser des questions au Monsieur ? Vous êtes handicapé, vous êtes aveugle ?

HB : Oui, aveugle.

Greg : Aveugle, qu’est ce que vous avez comme handicap ?

HB : Je ne vois pas c’est-à-dire comme si mes yeux ne fonctionnent pas, comme si les lampes étaient grillées.

Greg : Tu vas guérir !

HB : Ah ça je ne sais pas.

Greg : Ca va passer !

HB : A priori, ça ne va pas passer…Les médecins n’ont pas encore trouvé la solution pour opérer

Gerg : N’ont pas trouvé la solution…Pas encore…la solution

HB : Mais ils cherchent.

Greg : Ils cherchent… et vous êtes toujours à la mairie de Paris vous ?

HB : Oui je travaille depuis 4 ans avec le maire de Paris mais avant…

Greg : Vous travaillez depuis combien de temps là bas ?

HB : 4 ans

Greg : 4 ans… Mais vous faîtes quoi comme métier ? Vous faîtes quoi ?

HB : Je suis ce qu’on appelle conseiller.

Greg : Conseiller ?

HB : C’est-à-dire ? Je prépare je lui donne des idées sur le handicap.

Greg : Handicap…

HB : Je prépare ses décisions…

Greg : Ses décisions…

HB : … j’essaie d’améliorer la ville pour l’accès, j’essaie de donner des places pour les personnes autistes, j’organiser des classes, d’améliorer l’éducation…

Greg : Ils font quoi ?

HB : Qui ?

Greg : Dans les classes… tes copains et tes copines. Tes copains à vous, tes copains à toi, tes copains de vacances ils font quoi à l’école? Ils font quoi à la mairie de Paris ? Là bas..

HB : Mes copains de vacances ils font quoi à l’école. Ca fait beaucoup de questions.

Greg : Ils sont pas en guerre ? Je crois pas…je crois

HB : Ah non ils ne sont pas en guerre… C’est quoi ta question, c’est savoir ce qu’on fait à la mairie de Paris ?

Greg : Oui, qu’est ce que vous faîtes de beau là bas ?

HB : A la mairie de Paris on essaie de construire la ville du futur.

Greg : Du futur ?

HB : Par exemple il y a beaucoup de pauvres à Paris. Vous savez, Il y a beaucoup de pauvres qui dorment dehors. Il y a plein de pauvres qui ont des problèmes de logements. Donc on essaie de construire des logements pour loger ceux qui n’ont pas de logements.

Grégory : Pas de logements, non.

HB : Il y a beaucoup d’enfants jeunes handicapés qui n’arrivent pas à trouver de places à l’école

Greg : Ils sont malades aussi ?

HB : Y’en a , oui, bien sûr.

Greg : Ils vont guérir les petits enfants à vous… Tes copains à toi dans ton école.

HB : y’en a qui vont guérir, il y en a d’autres dont il faut s’occuper même s’ils ne guérissent pas.

Greg : Mais vous faîtes quoi, tu fais quoi à la mairie de Paris ?

HB : Je t’ai dit, moi je conseille, j‘écris les papiers.

Grég : T’écris les papiers…

HB : Je vais voir les établissements pour personnes handicapées, je vais voir tout ce qu’il se fait… Quand on prend une décision à la mairie, j’essaie de voir si les personnes handicapées ont été pris en compte.

Greg : Vous travaillez à la mairie de Paris ?

HB : Oui..

Greg : Vous avez beaucoup de copains là bas ?

HB : oh oui…

Greg : Enfin des copains, des amis…des gens très sympas, des gens très gentils.

HB : Il y a des gens très sympas et des gens moins sympas comme partout

Greg : Mais des gens très sympas pour vous ?

Tu vois j’ai posé des questions c’est bien ?

Driss : Magnifique

Greg : Magnifique, c’est bien. Bonne nouvelle.

Driss : Alors qu’est ce que tu as appris Grégory

Greg : Ben je l’ai écouté.

Driss : Alors qu’est ce qu’il a dit ?

Greg : Il m’a dit qu’il travaillait à a mairie de paris, qu’il travaillait à l’école…

Driss : A l’école non, il a dit qu’il s’occupait des écoles, des classes où des jeunes, où des enfants

Greg : Des enfants, des jeunes…

Driss : …avec des difficultés

Greg : Tu vois c’est bien j’ai posé des questions au monsieur. Tu vois c’est super, c’est magnifique.

Driss : Tu vois Grégory quand tu étais petit…

Grég : Quand j’étais petit…

Driss : Quand tu étais tout petit..

Greg : Quand j’étais tout petit garçon…tout petit comme ça. J’avais 10 ans. On a passé de beaux souvenir à rue… à l’école. T’étais dans mon école ? On avait beaucoup d’amis, plein.

Driss : écoute moi Grégory !

Greg : Je t’écoute toujours dans la tête. J’écoute…

Driss : C’était pas une école.

Greg : C’était dans quoi alors ?

Driss : C’était un hôpital de jour.

Greg : la rue dutot ?

Driss : Oui c’était l’hôpital de jour de la rue dutot

Greg : J’étais tout petit.

Driss : Alors Monsieur B avec des parents se bagarrent pour que des enfants comme toi n’aillent pas à l’hôpital mais aillent un petit peu à l’école.

Greg : Un petit peu à l’école…

Driss : Et puissent rester à l’école

Greg : Rester à l’école, ouais.

Driss : Et c’est ça qui est nouveau.

Driss : Mais je connais très bien l’hôpital de jour de la rue Du…

Greg : Tu connais ?

Driss : Oui je connais très bien ?

Greg : t’as parlé avec ma référente Madame, la monitrice, c’était ma référente , c’était ma référente, la monitrice…

Driss : Tes parents auraient préféré t’amener à l’école.

Greg : A l’école, j’aime bien l’école. J’aime bien, on apprend à écrire à compter dans le cahier

Driss : Mais tu n’as pas été à l’école.

Greg : Mais j’avais un cartable dans le dos.

Quand j’étais tout petit je travaillais bien. On a fait des jeux, on a fait des marionnettes, on a fait du théâtre, on a écouté de la musique.

Driss : Tu as appris plein de choses

Greg : J’ai appris plein de choses là bas

Driss : Mais dans cet hôpital il n’y avait que des enfants avec des difficultés.

Greg : On s’entendait bien avec des copains et des copines.

Driss : Il me tue ce Grégory, il me tue ce Grégory !

Greg : Mais j’avais des copains et des copines qui étaient dans mon école ! Sarah la petite jeune fille…

Driss : Tu as été à l’école Florent ?hein ? Tu as été longtemps à l’école ? Combien de temps tu as été à l’école ?

Florent : 10 ans. J’ai fait tout le cycle, j’ai suivi le cursus normal.

Driss : Qu’est ce que tu gardes comme souvenir de l’école ?

Florent : Du bon et du mauvais.

-C’est toi Delanoë ?

HB : Je suis son conseiller…

HB : Et maintenant tu fais quoi Florent ?

Florent : Je travaille en CAT.

HB : Et tu vis seul ?

Florent : Pas tout à fait, mais bon… en fait je cohabite.

HB : D’accord. Tu vois ce que je veux dire c’est qu’on a essayé de faire des places de foyer d’hébergement pour que les gens qui travaillent en CAT puissent habiter hors de chez leurs parents dans la mesure où ils le souhaitent ou dans la mesure où c’est souhaitable pour eux. Vous voyez mon travail est très très diversifié,. Par exemple quand on s’occupe des problèmes des handicapés ça va de.. Pardon ? Tu veux dessiner le chien ? Très bien. On doit s’occuper à la fois de l’école mais on doit faire les jardins, on doit faire les bacs des tris des déchets, il faut s’occuper de tout pour que les personnes handicapées aient accès à tout. Mais par exemple là le 15 octobre on a une grande soirée contre les discriminations et je me suis débrouillé pour que les associations des handicapés puissent être là, et les Turbulents vont être là. Donc, c’est ça mon travail.

Driss : Nat n’a été qu’à l’école, tu es resté beaucoup à l’école, au collège.

N : Oui avec Marichand

Driss : Marchand c’était ta petite copine dont tu nous avais parlé quand tu es arrivé, c’est la petite nénette sur laquelle tu flashais. Comment tu as vécu cette vie d’écolier puis de collégien et un petit bout de lycéen.

N : Bien…

Driss : c’est pas si vrai que ça il raconte des cracks là.

N : Avec une auxilliaire d’intégration, Madame Céline…

Driss : Voilà tant qu’il y avait une auxiliaire d’intégration, ça a marché, il a pu profiter pleinement.

HB : Qu’est ce que tu aimais comme matière ?

N : Histoire-Géographie.

HB : Et tu aimais les mathématiques ou pas?

N : Oui

HB : Qu’est ce que tu aimes faire en mathématiques ?

N : La base D, 1, 10 , 11, 111, 110.

HB : Ce que tu aimais c’était le calcul numérique et changer de base, c’est ce qui t’amuse, recomposer les choses, les gens, les mondes, ça ça te plaît

Et bien moi avant d’être à la mairie de Paris, j’ai fait des études de mathématiques.

-Qu’est ce que c’est ?

HB : Les mathématiques, c’est, si je peux résumer, c’est essayer de trouver des modèles qui symbolisent le monde… comment le monde marche, essayer de trouver des modèles pour comprendre le monde… Et après j’ai fait…

-des syllabes aussi ?

HB : Oui les syllabes c’est important aussi : on décompose les mots, on décompose les mots.

Et après j’ai fais des études d’ingénieur et après j’ai travaillé dans la banque, et je suis à la mairie de Paris maintenant. Donc vous voyez j’ai fait plein de métiers différents.

Greg : T’as fait beaucoup de métiers… A la banque, à la mairie, à la poste, non ?

HB : Pas encore à la poste non…Par contre à la poste pourquoi pas un jour… Parce qu’à la banque ce qui était bien j’ai pu faire plein de métiers différents…

Greg : Tu voulais gagner beaucoup de sous ?

HB : J’en ai gagné un peu…

Greg : si tu voulais être riche, si t’avais 21 billets de cinq euros, tu pourrais gagner 21 cartons !! (rires)

Driss : Je ne pense pas qu’il ait gagné beaucoup de sous car s’il avait gagné beaucoup de sous il, sa femme ne l’aurait pas quittée…

AB : Alors ça c’est le paradoxe, j’ai divorcé au moment où je gagnais le plus de fric…

Driss : Je place toujours mon petit côté macho, ça fait plaisir à quelques uns…

Greg : Tu es beau avec ton costume…Monsieur, ton prénom ?

HB : Hamou

Greg, Tu es très beau, tu es magnifique avec ton costume, je te trouve très beau avec ton costume, tu es beau avec la cravate et tu es beau avec la chemise …

HB : Tu es adorable

Greg : Et avec le pantalon, jogging marron, tu es beau avec le costume.

HB : Ce n’est pas un jogging ça…

Greg : C’est quelle couleur le pantalon? C’est blanc ou blanc ?

HB : C’est gris

Greg : Tu es beau avec ton costume gris, tu es beau…

HB : Je me suis bien habillé pour vous voir ;

Greg : il est beau aussi mon ami Driss

HB : Ah oui il est toujours beau Driss

Greg : Et je le connais depuis longtemps

Driss : Attends, attends, tu lui raconteras ça après en apparté, car quelques uns vont être gavés des compliments que tu me fais…

Charly : Vous avez des enfants ?

HB : Oui, j’ai deux enfants.

-Comment ils s’appellent ?

HB : J’ai un garçon et une fille. Mon fils s’appelle Elias…et ma fille s’appelle Ludmila. Ils ont 12 ans et 10 ans.

-C’était comment le nom de votre femme avant ?

hB : Ramira

-Mais vous vous êtes séparés ?

hB : Oui je suis séparé.

-Vous habitez tout seul ?

HB : Oui tout seul ou avec des femmes occasionnelles…

-Vous habitez où ?

HB : J’habite dans le 20 ème.

-Quel étage ?

HB : Au 5è étage.

– Y’a l’ascenseur ?

HB : Oui y’a l’ascenseur.

-Quelle rue ?

HB : Rue de Bagnolet.

N : C’est quoi ton prénom ?

HB : HAMOU

N : Ca s’écrit comment ?

HB : H-A-M-O-U, Voilà

N : C’est quoi ton nom de famille ?

BOUAKKAZ

N : Né en quelle année ?

HB : 1964

N : Dans quel département ?

HB : Je suis né dans un pays étranger, je suis né à Alger.

N : Tu es né en Algérie ?

HB : Voilà.

N : Algérie, Alger, c’est ça.

Yann : Le chien est né où ?

HB : Il est né à Paris.

Driss : Là, tu questionnes comme un flic.

HB : Il a raison, il fait sa fiche.

Driss : C’est terrible…

HB : Il a un temps de voix très égal, donc t’as intérêt à répondre.

N : Est-ce que tu as la nationalité française ?

HB : Oui, j’ai la nationalité française…

N : Depuis combien de temps ?

HB ; Depuis 1989, donc ça fait quinze, vingt ans.

N : Ca fait 16 ans.

HB : A vrai dire, j’ai eu du mal à la prendre. Parce que j’avais orienté mes études dans l’esprit de rentrer en Algérie pour travailler en Algérie. Et en fait, quand j’ai voulu rentrer en Algérie, les autorités algériennes m’ont fait comprendre qu’elles avaient assez de difficultés comme ça, qu’elles avaient pas envie d’avoir un aveugle en plus chez elle. Alors j’ai compris qu’il faudrait, j’ai changé mon fusil d’épaule, je suis devenu français

-Et fière ?

-HB : Oui fière, j’ai toujours aimé la France, ses idéaux, son modèle de civilisation, très fière aussi. Mais aussi fier de mes origines. Tu vois mes parents sont algériens, de Kabylie et je suis très fier d’être de ces origines. Donc je suis un berbère.

N : Mais est ce que tu es fière de l’Eurasie cette fois-ci ?

(Rires)

HB : L’Eurasie comme aboutissement, c’est une bonne idée. Mais on a déjà beaucoup de mal à faire l’Europe…Je trouve ça complètement intéressant ce que tu dis car je pense qu’il faut développer les partenariats entre l’Europe et l’Asie pour résister à la puissance américaine, il faut effectivement que l’Europe se rapproche de l’Asie d’une manière ou d’une autre. Mais je suis aussi pour un grand partenariat entre l’Europe et la Méditerranée. Pour moi, il faut que la France joue un rôle important dans le rapprochement entre la France et les pays du Maghreb et les pays arabes ; et notamment du fait qu’il y a beaucoup d’immigrés d’origine maghrébine en France, donc la France c’est un pays de passeurs qui peut tisser des liens avec le monde de l’autre côté de la méditerranée.

Driss : Avec l’Eurasie, le problème de l’intégration ne se poserai même pas. Donc voilà.

HB : Absolument

– Il coûte combien ton chien ?

HB : En fait je ne l’ai pas payé, on me l’a donné. Parce que, en fait, l’école qui forme les chiens, reçoit de l’argent de l’état, de la ville de Paris, et de donateurs privés pour former ces chiens. Il sont donc remis gratuitement aux aveugles qui en demandent. Moi, je le nourris, je m’en occupe, je vais chez le vétérinaire pour le soigner, je dois le brosser, je dois le détendre mais je ne l’ai pas payé.

Florent : Les autorités algériennes n’ont pas vraiment fait preuve de civisme…

HB : On peut le voir comme ça, mais on peut aussi se dire que l’Algérie malgré tout est un pays jeune, qui est en voie de développement et à l’époque on était en 1988, l’Algérie était devant des soubresauts que vous avez sûrement connu qui ont duré longtemps ; mais moi je crois un peu au destin, voilà les choses ont tourné comme ça parce qu’elles devaient tourner comme ça et grâce à ce refus je vis en France et j’ai une vie formidable et moi j’étais prêt à toutes les vies possibles du moment qu’elles étaient formidables…

Driss : C’est le côté un petit peu oriental…

HB : Et puis disponible, disponible à la vie…

Driss : A quelque chose malheur est bon. On prend la vie du bon côté.

HB : Les évènements sont neutres, c’est chacun qui leur donne la couleur qu’il veut.

Driss : Oui Anaïs… Qu’est ce que tu aimerais faire plus tard ?

Anaïs : Infirmière. Mais faire des piqûres je veux pas.

Driss : Infirmière, pour faire des piqûres dans les fesses des gens?

Anaïs : Non, j’ai horreur de ça.

Driss : Tu sais très très bien que tu ne seras pas infirmière par ce que tu sais il faut des études, il faut… Toi aussi tu as été à l’école pendant un petit moment ? Et longtemps ?

A : Au collège

Driss : Au collège, oui.

HB : Et maintenant qu’est ce que tu fais ma puce si l’hôpital de jour, c’est fini ?

Anaïs : Je fais un stage en orthophonie.

Driss: Tu fais un stage en orthophonie ??? (Rires)

HB : Tu fais des cours d’orthophonie ?

Anaïs : Pour les mots. Les mots font plus peur maintenant. Maintenant les mots me font encore un peu peur..

HB : Faut encore faire des cours d’orthophonie.

Anaïs : Le S et le E, le S et le E.

HB : Le S et le E te font peur ?

Driss: le S et le E, c’est le début de sexe.

Driss : Se…

Anaïs : Se…

Driss : Hamou, Anaïs, c’est une fille extraordinairement intelligente, elle est tellement intelligente qu’elle arrive d’une façon incroyable à faire en sorte qu’on la prenne pour une débile, un petit peu gogole, un peu machin…Elle camoufle d’une façon incroyable ! Le camouflage, c’est ce que tu fais sans arrêt Anaïs.

-C’est quoi le camouflage ?

Driss : Tu camoufles, c’est la spécialité d’Anaïs le camouflage, Miss Camouflage.

Pose une vraie question à Monsieur Bouakkaz?

Anaïs : Tout va bien.

HB : Tout va bien. Où tu vas aller l’année prochaine ?

Anaïs : En stage.

HB : En stage de quoi ma puce ?

Driss : Où ? Tu cherches un stage?

HB : Tu cherche quelque chose ?

Anaîs : Un foyer, un foyer.

HB : Si je peux t’aider, je le ferai volontiers.

Driss : Tu veux plus habiter avec tes parents?

A : Oui…

HB : Quel âge tu as, Anaïs ?

A : 23 ans

HB : 23 ans.

A : J’ai laissé tombé mes nounours, ça y est. J’en ai plus besoin, je dors plus avec. J’en ai plus dans ma chambre, ça m’angoisse.

HB : Ca t’angoisse les nounours?

A : Oui

Driss : Tu es prête à partir en foyer alors.

Frédéric…

Driss : Toi t’aime pas les stages, le mot, ça te plaît pas trop.

HB : Comment tu t’appelles ?

Driss : Frédéric. Alors Frédéric est un espèce gros bébé, c’est juste pour que Hamou te cerne un peu… un gros bébé qui adore la cuisine de sa maman et de son papa…

HB : C’est bien, moi aussi…

Driss : Ha non tu n’as rien à voir. Lui c’est du rond, rond, rond. Il est bien rond.

HB: Il tend vers le bouddhisme

Driss : Oh oui il tend vers le bouddhisme.

-Il m’a aidé à éplucher l’ail ?

HB : Ca fait pleurer les yeux ça.

-Non ça ne fait pas pleurer les yeux…

HB : Ha bon. Moi à chaque fois que j’en épluche un…

David : Moi j’ai très peur des hôpitaux.

Driss : Toi David tu as très peur des hôpitaux.

HB : Moi aussi j’ai très peur des hôpitaux, à chaque fois que je vais dans un hôpital je tombe dans les pommes, c’est vrai…A chaque fois que je fais des examen, Bloum, je tombe par terre. Je me demande pas si c’est pas parce que les infirmières sont très belles et je veux rester dans leurs bras mais…

David : A la salpétrière… A l’hôpital de la Salpétrière tu sais comment j’ai traité les infirmières ? Tu sais ?

HB : Non je ne sais pas. Comment tu les a traitées?

David : de sales pétasses !!

HB : Elles devaient le mériter alors, qu’est-ce qu’elles t’ont fait ?

Driss : elles étaient très gentilles, extraordinairement gentilles. Mais David a connu un moment…

David : elles m’ont attaché le pied.

Driss : très très très dur.

David : sangle

Driss : Tu as été sanglé..

David : très très dur

HB : Elles ont eut peur peut être.

David : J’étais en colère ! Vraiment ! Rouge de honte !

Driss : Tu étais en réanimation, tu avais énormément d’appareils qui te nourrissaient et qui contrôlaient ton organisme, ils avaient très peur que tu défasses les appareils

David : J’ai eu peur…

Driss : Mais c’était très dur pour toi, tu as passé un moment terrifiant. Mais tu t’en es sorti…

David : Un moment, j’ai pleuré, pleuré, pleuré. A la salpétrière, même à Necker

Driss : C’était très dur David. Et je comprends quand on a passé ce truc là

F : Tu sais quoi Driss, j’en ai marre de cet hôpital, j’en ai marre !!

(Rires)

C’est des endroits où on va quand on est contraint, c’est pas des lieux où on va par plaisir…

HB : Moi je préfère aller manger.

David : et dans les hôpitaux on bouffe de la nourriture DE-GUEU-LASSE !!

Driss : Le président quand il est sorti de l’hôpital a dit qu’il avait hâte de rentrer chez lui pour manger. Même le président est mal nourri dans un hôpital !

F : moi je me suis fait opérer des dents de sagesse

Driss : bon, on laisse tomber avec les hôpitaux. On est avec M Bouakkaz

Grégory : On est avec M Gouapouas, Monsieur Gouapouas !

HB : BOUAKKAZ, En arabe, ça veut dire l’homme à la canne. Alors pour un aveugle, c’est quand même bien porté.

Driss : Alexandre tu n’as rien dit…

Alexandre : J’écoutais, je n’ai pas encore eut le temps de poser des questions à M Bouakkaz. Comment faisiez vous, et ça c’est une des questions, quand vous étiez à l’école, je veux dire, est ce qu’on vous faisait des vacheries, si oui, quoi ? Est-ce que…? Etant donné que vous êtes non-voyant on peut en profiter pour vous faire des vacheries. Je sais que moi étant donné que je suis mal voyant on a pu me faire les pire vacheries…

HB : La vie est pas toujours facile. J’ai commencé à l’école avec les gens ordinaires à la maternelle. Et la première vacherie qu’on m’a faite , c’est que ma maîtresse avait avec sa classe, elle leur faisait faire des dessins, et moi, elle me mettait par terre sur un tapis avec des voitures. Donc ça ne commençait pas bien, Donc je me suis sauvé de l’école, je me suis sauvé de l’école plusieurs fois. De sorte qu’on m’en a renvoyé. Ensuite, j’ai fait mes classes dans une école spécialisée pour aveugles. Et là ça c’est beaucoup mieux passé mais on était tendanciellement terrorisé par les mal voyants comme toi, qui voyaient quand même mieux que nous. Et qui nous embêtaient un peu. Mais en fait c’était quand même très rare, car nous aussi on était très malin, car il y avait des mal voyants le jour mais la nuit ils voyaient rien donc toute vacherie faite le jour se traduisait par une vengeance éclaire la nuit. Donc avec le temps, la dissuasion aidant il y a eut moins de vacheries ; et après on a grandit il y a eu moins de barrières entre les aveugles et les mal voyant, moi j’étais très fort en mathématiques, donc j’étais très bon à l’école j’arrivais à aider les mal voyant à faire leurs devoirs, tout ça c’est bien arrangé. Ensuite à 15 ans quand je suis rentré en seconde, je suis rentré dans un lycée, un lycée comme j’ai eu la chance de rentrer dans une école dans le 7 ème, je suis rentré dans un lycée qui était dans le 7ème arrondissement, ce qui était une grande chance comme ma famille habite en banlieue parisienne à Bezon, j’aurais été dans de moins bonnes conditions si j’avais été au lycée à Argenteuil. J’étais donc dans un lycée très bon, où il y avait Jean-François Coppé d’ailleurs. Mais il ne me connaissait pas et moi non plus à l’époque. Il y a avait le fils de Monsieur Raymond Barre… il y avaient beaucoup de gens très bien. Et là on ne se faisait pas de vacheries, on avait 15 ans on était dans les études.

Arnaud : Je ne me rappelle plus quand c’est ton anniversaire.

HB : Le 8 février.

Arnaud : Le mien, c’est le 23 mars.

HB : Ha bah, je note, je note, je prends ma machine sinon après je vais oublier. Non le chien j’écris, merci.

David : Moi, mon anniversaire, c’est le 16 décembre 1975.

Florent : Moi c’est le

HB : 23 mars, on a dit, anniversaire de… ?

Driss : D’Arnaud.

HB : 23 mars : anniversaire d’Arnaud du Papotin.

Driss : Tu le notes gentiment parce que tu es un garçon hyper gentil, mais je te dis il déteste qu’on lui souhaite son anniversaire, il déteste ça.

HB : Ha bon, je suis désolé…

Driss : Oui, il déteste ça.

HB : Pourquoi est-ce qu’il me le dit alors?

Driss : Comme un évènement. C’est pas forcement un évènement heureux, c’est comme ça, on lui matraque ça depuis… Il dit quelque chose d’extraordinaire Arnaud, de très juste ; il m’a appris pleins de choses, Arnaud, parce qu’on se connaît depuis des années. A un anniversaire il m’avait dit qu’il n’aimait pas les anniversaires parce qu’il risquait de recevoir des cadeaux dont il n’avait rien à faire. Et comme il ne sait pas mentir, il ne maquille pas ses sentiments, ça peut être désagréable pour la personne qui lui offre.

HB : Il est gentil… En fait, vous voyez, les anniversaires ça fait partie de ce qu’on appelle les stéréotypes de la société, y’a pas que vous qui avez des stéréotypes. La société, elle a décidé qu’il y avait des codes. Alors tout le monde a décidé que l’anniversaire c’est un jour important mais on pourrait comme Nathanël, on pourrait changer de bases, et on compte plus en base 365 mais on décide qu’on compte en base je sais pas moi 700, et on fête les anniversaires tous les 700 jours.

Arnaud : Hamou, qu’est ce que tu as comme voiture ?

HB : Moi je n’ai pas de voiture, puisqu’étant aveugle je ne conduis pas.

Arnaud : Je voulais te demander tu le vouvoies ou tu le tutoies monsieur Delanöe ?

HB : Je le tutoie.

Arnaud : Merci, ça me fait très plaisir, c’est ce que je préfère

HB : Je le tutoie parce que je l’aime.

Arnaud : Pourquoi tu le tutoies?

HB : Parce que je l’aime.

Arnaud : Moi j’aime pas le vouvoiement.

HB : Moi le tutoiement ou le vouvoiement c’est en fonction de l’affection que je porte aux gens, si je veux montrer une certaine proximité, une certaine connivence je dis tu, si je veux montrer une distance je dis vous.

Arnaud : Et bah justement j’aime pas la distance, j’ai horreur de ça.

HB : Mais moi j’ai pas envie d’être proche avec tout le monde, celui qui me fait du mal ou celui qui me veut du mal, je n’ai pas envie d’être proche! Par exemple, y ‘a des gens qui disent des bêtises en politique comme Jean Marie le Pen par exemple, jamais je vais le tutoyer Jean Marie le Pen, jamais !

Arnaud : Pourquoi jamais tu pourrai le tutoyer ?

HB : Parce que son discours m’agresse, je vois pas pourquoi je le tutoierai et je veux lui montrer par là que je le respecte comme homme mais que je n’ai pas de proximité avec lui.

Arnaud

Carole : Est-ce qu’à l’Hôtel de Ville, on organise parfois des concours littéraires?

HB : On organise pas de concours littéraires à l’Hôtel de ville, on a reçu les dictées de Pivot une fois. Dans les mairies d’arrondissement, il y a des associations qui font ça mais pas à l’Hôtel de Ville.

Driss : Carole, tu pensais à quoi ?

Carole : Réunir tous les contes de fées en un seul conte !

HB : tous les contes de fées en un seul conte ! C’est l’aventure de toute une vie, tu ne veux pas le faire toi Carole ?

Carole : la Belle au Bois Dormant, Blanche Neige, Peau D’âne…

HB : Tu veux tous les recenser ou les résumer

Carole : Les réunir.

HB : En un seul volume ?

Driss : en un seul conte.

HB : tu sais que des contes de fées il y en a de toutes les traditions de tous les pays de tous les siècles. Ce serait un énorme livre ! Par contre ce qui est vrai c’est que les contes s’inspirent des mêmes racines. Par exemple les fables de la Fontaine qui ne sont pas des contes de fées mais c’est un peu dans la même veine, se sont inspirées…

David : J’adore la Fontaine, moi !

HB : Moi aussi. Se sont inspirées de fables de conteurs arabes qui se sont inspirés de fables de conteurs grecs. Donc il y a des racines communes, ça c’est sûr.

Florent : La Fontaine a surtout été inspiré d’Esope

HB : Mais Esope a été traduit par des fabulistes arabes qui l’ont relayé ici en Occident.

Alexandre : Etant donné votre handicap comment faisiez vous pour faire les figures géométriques ?

HB : Ca c’est une question qui est bonne. En fait les figures géométriques, on avait et ça a beaucoup évolué avec les nouvelles technologies, au début on avait des feuilles de papier épais, on avait tu sais les roulettes qu’on donne pour faire les patrons des couturières et on faisait rouler la roulette et ça faisait un grand trait. On retournait la feuille et on avait le trait de la figure géométrique, après on avait un compas avec une roue édentée qui faisait les figures. Après on a changé le système, on a pris du papier un peu plastifié et avec un crayon épais, on écrivait sur le papier plastifié et le trait devenait épais et on pouvait dessiner les figures.

Alex : et comment faisiez vous quand par exemple on vous disait, il y a un triangle qui fait 8 cm à la base, 5 cm sur un côté, et 2 cm sur l’autre. Comment faisiez vous pour voir les dimensions ?

HB : Je ne le dessinais pas, je l’imaginais dans ma tête.

HB : Pour moi, toutes ces affaires là, j’ai très vite abandonner le dessin, d’abord par ce que je suis pas très doué, et en fait très vite en mathématiques tu peux toujours te débrouiller pour réduire un dessin à une équation. Au début, ces dessins deviennent des équations dès que ça devient des équations je suis comme tout le monde.

Alex : Et alors dans les trains vous faîtes comment ?

HB : Bah comme toi je monte dans le trains, je m’assois et j’attends ma gare

Alex : oui d’accord mais étant donné que vous ne voyez pas qui est-ce qui vous signale ?

HB : Alors en général dans les trains, c’est annoncé les arrêts. Sinon je ne m’embête pas, je demande à mon voisin. Sinon j’y vais souvent avec des gens car la loi prévoit que le guide de l’aveugle est gratuit dans le train donc j’emmène des personnes avec moi. Mais franchement j’ai jamais eut de problèmes dans un train, je me suis jamais planté parce que les gens sont sympas, ils vous disent les arrêts. Mais une fois ce qui m’ait arrivé qui était le plus drôle, je demande à quelqu’un il était sourd et muet. Ca arrive…

Alex : Haha, il ne peut pas vous répondre et tout…

HB : Ca fait partie des choses drôles dans la vie. Il y a toujours beaucoup de passagers dans le métro, y a pas de problèmes donc on arrive toujours à trouver.

Alexandre : Vous avez l’air d’un philosophe,

HB : Un philosophe heureux…

Alex : je veux dire par là bon il prend la vie du bon côté..

HB : Oui bah c’est quoi l’autre solution ? Pour moi la vie c’est une récréation ; Le monde s’est passé de moi, il se passera de moi et ça l’empêchera pas de tournerdonc pour moi c’est une récréation. Ah non, justement pas, car que je trouve de bien dans la vie c’est l’échange avec les autres, c’est la découverte des autres et je suis toujours émerveillé devant ce que je trouve de beau chez les autres. Malgré les défauts et tout, je trouve toujours quelque chose de beau chez presque tout le monde.

Alex : Mais justement est-ce que les défauts, vous arrivez à les percevoir finalement ?

HB : Bah les défauts autre que d’aspect physique. Oui, je m’en aperçoit comme tout le monde en fréquentant les gens.

Alex : Oui mais ce que j’appellerais des défauts moraux. Si quelqu’un vous fait une vacherie ou si au contraire il va venir vers vous et il va vous aider facilement

HB : C’est une question d’intuition la voix te guide, j’ai toujours des aprioris favorables et je suis sûr quand on accueille les choses avec joie on limite le nombre de problème qu’on a

Alex : Je crois que les aprioris justement, il faut s’en méfier des fois ça peut être favorable et en connaissant mieux la personne on peut voir derrière Méfions nous.

HB/ Mais par exemple moi, comme je suis aveugle et que les distributeurs ne sont pas adapatés, très souvent ce sont les clochards ou les SDF qui me font des retraits d’argent et j’ai jamais eu de problèmes, jamais ! Peut être qu’un jour j’aurai un problème mais à la limite c’est pas si grave.

C’est sûr.. Parce que je pense que vous avez entendu parler des incendies qui a eu dans Paris,

HB : Ha ça j’en ai entendu parler, ça crois moi,

Alex : Oh oui vous avez du en entendre parler.

HB : C’était très douloureux, très douloureux. Vous avez vu que le maire était très affecté par ça le jour quand il vous a reçu, il vous a dit qu’il ne pouvait pas aller bien avec des choses pareilles

Alex : C’est normal !

HB : C’est effectivement dramatique

Driss : Alors cette personne qui est en difficulté à tendance à être… plutôt bon enfant, prenant les choses du bon côté, il y a quelque chose de.. ; que j’ai pu voir depuis quelques années. Je vais te raconter quelque chose Hamou qui m’a fait beaucoup réfléchir ; Au début du Papotin il y a très longtemps, on devait recevoir une navigatrice qui nous avait promis de venir et puis le jour dit, elle n’est pas venue. On était là entre … à attendre qu’elle arrive. Puis elle n’est pas venue et elle ne s’est pas excusée. Puis on a pris un RDV pour un autre mercredi, elle a dit qu’elle viendrez etc..etc.. Mercredi d’après, elle n’est pas venue, et elle ne s’est pas excusée. Je pense qu’il y a eu une troisième fois où quelqu’un s’en ait mêlé et a dit qu’il la ferait venir et tout le monde attendait. Arnaud tu te rappelles cette navigatrice qui devait venir ?

Florence

Et alors, elle n’est pas venue ; C’était son premier voyage en navigatrice solitaire et on avait communiquer avec elle à l’époque sur le fait d’être isolé, seul, de naviguer sur l’océan; Ce que vivaient aussi à l’époque nos jeunes d’être seuls aussi dans des difiicultés

Finalement elle n’est pas venue, et j’étais très en colère ? Et j’ai dit aux jeunes on va lui faire un papier, on va lui écrire une lettre pour lui dire tout ce qu’on pense d’elle, et on lui a écrit une lette et tu te rappelles ce qui était extraordinaire, Stéphane, Tout le monde tout le monde, lui a trouvé des excuses. La seule méchanceté je m’en rappelle encore, c’était pas une méchanceté, c’était Laurent qui lui avait dit : Il est plus facile de traverser l’océan que de venir jusqu’à Antony.

HB : C’était bien envoyé

Driss : Et c’était pas une méchanceté, c’était

Ca m’a fait très mal. Car à l’époque j’avais la prétention de partager beaucoup de choses avec les jeunes, je me disais qu’on était dans un grand PPP, et ils n’ont pas partagé ma colère. On a pas du tout partagé cette émotion d’en vouloir à quelqu’un. Est-ce que je lui en voulais pour moi personnellement bon parce qu’au nom des jeunes avec qui j’étais. En tout cas j’étais dans une colère réelle et eux pas du tout. Là il y a quelque chose qui n’est pas passée. On peut partager énormément de chose mais pas la colère et pas l’indignation

Ce que dit Jolien. En vouloir à quelqu’un c’est épuisant sur quelqu’un en difficulté

HB : Moi je n’ai pas de rancune mais j’ai de la mémoire, c a d celui qui m’a fait quelque chose qui ne me convient pas je ne vais pas lui en vouloir mais la prochaine fois qu’il repasse par mon chemin, je vais l’ignorer, c’est-à-dire l’attention que je lui avais donné je ne lui donnerai plus. Et comme on est 4 milliards sur cette terre je n’ai de temps à perdre avec ceux qui m’embêtent

N : Il y a 4 milliards en Eurasie

4 milliards en Eurasie et le reste 2 milliard ?

Un peu plus 4, 5

Alex : Il y en a d’autres qui ne sont pas venus.

Driss : Oui mais tu vois je ne leur en veux plus.

Tahar ben Jemoun n’était pas prêt peut être

David : Je n’aime pas les chiens mais j’adore les cochons d’Inde

Driss : Et les femmes

HB : Mais le cochons d’Inde est trop petit pour me guider, imagine un cochon d’Inde dans le métro tout le monde marcherai dessus. Aux états Unis ils font des tests avec des chevaux et cochons pour guider les aveugles.

David : Un cheval c’est adorable

Driss : et les femmes david ?

David : Les femmes, ça crie, ça gueule…

On ne parle pas de ta mère, on parle des femmes en général

Car tout le monde est témoin, qu’est ce que tu nous as dis la semaine … Il a dit qu’il voulait remplir sa piscine de femmes !!!

Et le monsieur est ce qu’il a fait une liste des femmes ?

Hamou non non il n’a pas fait de liste

N : Moi je veux remplir la piscine d’eurasiens !!

HB : Qu’est ce que tu fais des berbères

Int égrationniste

Pas dans l’exclusio,n

Vous étiez magnifique

Il été bien, ton ami grégo ?