Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF, députée de Seine-Saint-Denis et ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, a répondu à l’invitation des Papotins et à leurs questions avec beaucoup de chaleur et un souci de clarté. Valérie Renault, administrative de l’association « Le Papotin-Fenêtre sur la ville » et directrice de l’Ecole Emile Zola à Saint-Ouen est venue avec quelques élèves participer à cette rencontre.

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Pourquoi tu viens ?

Driss : Nous avons invité des élèves d’une école de Saint-Ouen. Ils sont là avec leur directrice. Ils sont entrain de travailler sur l’Europe et ils auront des questions à vous poser. Pour nous c’est un moment exceptionnel, c’est la 1ère fois qu’on reçoit des petits…Ils se manifesteront quand ils voudront.

Arnaud : Marie-George, pourquoi tu viens ?

MGB : C’est vous qui allez me le dire…

Arnaud : Tu vas bien ?

MGB : Ça va… On peut parler de tout ce que vous voulez, il n’y a pas de problème, il y a rien de censuré.

Thomas : C’est quand ton anniversaire ?

MGB : Le 7 mai.

Thomas : C’était un samedi. Vous avez quel âge ?

MGB : J’ai 55 ans.

Thomas : Tu habites où MGB ?

MGB : J’habite en Seine-Saint-Denis, à Blanc Mesnil, pas loin des enfants qui sont là

Thomas : A quel étage ?

MGB : Au 3ème étage

Thomas : Avec ascenseur ?

MGB : Non sans ascenseur, hélas.

Thomas : Il y a des fenêtres ?

MGB : Oui j’ai des fenêtres…

Thomas : Une sonnette?

MGB : Oui, oui, il y a une sonnette.

Thomas : C’est dans quel arrondissement ?

MGB : Ce n’est pas un arrondissement, c’est une ville de banlieue.

Thomas : Qu’est ce que tu as comme voiture ?

MGB : j’ai une Mégane.

Arnaud : De quelle couleur elle est ta Mégane ?

MGB : Elle est bleue marine.

Arnaud : C’est une coupé ou une berline ?

MGB : Je crois que c’est une berline.

Arnaud : Tu fumais jusqu’à quand ?

MGB : J’ai fumé jusqu’en 1998, j’étais une très grosse fumeuse. J’ai complètement arrêté en 1998 quand je suis devenue ministre des sports parce que c’était un peu incompatible de fumer deux paquets par jour et d’être ministre des sports alors j’ai arrêté à ce moment là.

Comment va Chirac ?


Thomas : Marie-George, comment va Chirac ?

MGB : Il a l’air d’aller mieux mais je ne vis pas tous les jours avec lui…

Arnaud : Les femmes politiques et les hommes politiques, entre eux, ils se vouvoient ou ils se tutoient ?

MGB : Moi je tutoie mes camarades mais je vouvoie les autres hommes politiques. Mais je n’aime pas trop la familiarité…Quand je croise un député d’un autre parti je le vouvoie.

Arnaud : Et Chirac tu le vouvoies ou tu le tutoies ?

MGB : Je vouvoie le Président de la République.

Arnaud : Si tu pouvais le tutoyer tu le tutoierais ?

MGB : Non, parce que j’estime que la fonction de président de la république fait que l’on doit le vouvoyer, c’est une forme de respect.

Arnaud : Une dernière chose, si Monsieur Chirac vous autorisait à le tutoyer, vous pourriez le tutoyer ?

MGB : Si tu veux absolument que je tutoie Chirac alors à la limite je tutoierai Chirac.

Yann : Avez-vous des amis ?

MGB : Oui j’ai beaucoup d’amis. Sinon ce ne serait pas drôle de vivre sans des amis.

Driss : Arnaud, on vient de demander si MGB avait des amis, or un des ses amis est un grand ami des Papotins. Il nous avait reçu au Sénat.. C’est Yvan Renard.

MGB : Je connais très bien Yvan Renard, c’est un très bon ami à moi

Arnaud : Tu le tutoies ?

MGB : Oui je le tutoie.

Arnaud : Pourquoi tu le tutoies

MGB : Parce que c’est un ami.

Un élève : Quel était votre métier avant de faire de la politique ?

MGB : Quand j’étais étudiante j’ai fait des petits boulots comme on dit. J’étais surveillante dans des collèges. Ensuite j’ai travaillé dans des grands magasins comme la Samaritaine comme vendeuse, et puis après je suis rentrée dans la fonction publique territoriale, je suis rentrée dans une mairie comme secrétaire du maire.

Thomas : Vous faites les journées du patrimoine ?

MGB : Oui, d’ailleurs le siège du parti communiste qui est un très beau bâtiment qui a était fait par un très grand architecte brésilien Meyer fait les journées du patrimoine, on peut le visiter pendant les journées du patrimoine.

J’adore les films qui font rêver…

Gildas : Vous aimez la musique ?

MGB : Oui j’aime bien…

Gildas : Quoi comme musique ?

MGB : J’aime bien les chansons à textes comme chante Brel ou plus récemment Raphaël. J’aimais beaucoup Ferrat à l’époque où Ferrat chantait beaucoup.

Léonor : Tu aimes bien Mozart ?

MGB : J’aime bien Mozart aussi.

Léonor : Vous écoutez quoi à la radio ?

MGB : J’écoute les informations, quand je roule en voiture.

Aurélie : Est-ce que vous aimez le cinéma?

MGB : Oui j’aime beaucoup le cinéma.

Aurélie : Quel genre de films ?

MGB : Tous les films, j’aime beaucoup les films qui donnent à voir la réalité de notre société…Mais j’aime bien aussi les films, ça va t’étonner peut être comme Star Wars. J’adore ces films qui font rêver…

Florent : Connaissez vous le cinéma britannique ? C’est un cinéma très social.

MGB : Oui justement, c’est pour ça que je l’aime beaucoup parce que c’est un cinéma social comme vous le dites…

Florent : Naturaliste ?

MGB: Ce serait faux de ma part que dire que je m’y connais, je suis là-dessus très amateur.

Est-ce que tu t’y connais sur le parti communiste ?

Nathanaël : Est-ce que tu t’y connais sur le parti communiste ?

MGB : Un petit peu oui…

Nathanaël : Le parti soviétique était communiste?

MGB: Oui, oui..

Nathanaël : Je veux refaire ça différemment…Diviser le pays par républiques fédérées comme la Russie avec chacune une capitale. Et mettre un président à la tête de chacune de ces républiques. Mais je désire que chaque république fédérale soit reliée par un agent fédéral qui contrôle toute l’union. La capitale serait l’une des capitales de ces républiques fédérées et plus particulièrement Moscou. J’imposerai le russe à toutes les républiques mais cela ne veut pas dire que chaque république ne peut pas utiliser son dialecte local.

MGB: Sa langue ?

Nathanaël : Oui…

MGB: Donc c’est ta vision de la grande Russie ?

Nathanaël : Non de l’union soviétique.

MGB : Tu aimerais revenir à l’union soviétique ou à l’époque des tsars où il y avait une grande Russie où tous les russes parlaient russe. C’était obligatoire. Moi je crois qu’aujourd’hui on peut envisager une fédération comme tu dis, mais il faut laisser à chaque peuple l’utilisation de sa langue parce que ce ne sont pas des dialectes, ce sont de vrais langues. Et puis surtout il faut de la démocratie. Car autant à l’époque des tsars, que sous l’Union Soviétique, on manquait beaucoup de démocratie et de liberté. Donc l’essentiel c’est que partout il y ait de la démocratie et de la liberté. Les soviétiques se sont trompés, ils ont pensé qu’ils pouvaient faire le bonheur des gens sans eux. Qu’ils pouvaient imposer une certaine conception des sociétés sans que les gens soient d’accord, sans que les gens puissent exercer leur liberté individuelle. Pas simplement les libertés collectives, mais également les libertés individuelles. C’est vrai que le gens ont connu des progrès au niveau du progrès social, de leur situation au niveau de leur métier etc. Mais ils n’ont pas eu l’essentiel, c’est-à-dire la liberté de penser ce qu’ils voulaient penser et d’agir comme ils voulaient agir. C’était une fondamentale erreur. Du coup tous les régimes socialistes se sont effondrés les uns après les autres et on voit aujourd’hui comment il faut reconstruire une pensée communiste qui part de la liberté de chacun.

Florent : Je crois que Boris Eltsine voulait que l’URSS revienne à la monarchie d’une certaine manière. Il est allé chercher un descendant des Roumanov je ne sais pas où. Heureusement qu’on n’est pas revenu à la monarchie..

MGB : Oui c’est vrai que lorsqu’il y a eut la chute de l’union soviétique il y a eut une dérive complètement à droite. Il y a eut l’idée qu’on pouvait revenir à la période des tsars ; c’est vrai… Aujourd’hui c’est un régime très fragile, on ne peut pas dire que le régime de Poutine soit un régime démocratique il y a encore des progrès à faire de ce côté-là.

Nathanaël : J’imposerai l’écriture cyrillique mais chacun a le droit d’utiliser son écriture. Soviet veut dire Assemblée moi je veux aller plus loin, je dirais « Assemblage ».

MGB : Pourquoi tu t’intéresses tant à l’union soviétique ?

Nathanaël : Parce que j’aime bien le nom « union ». J’aime bien aussi le mot « soviétique », j’aime bien la forme et j’aime bien le drapeau … Enfin ce n’est pas que j’aime ce qui a disparu, c’est pas que je refuse le côté négatif c’est par ce que j’ai une autre vision des choses.

Moi je veux un parti unique le parti socialiste mais on n’est pas obligé de faire partie du parti.

Nathanaël: J’ai dit socialiste j’ai pas dit communiste.

MGB : L’union soviétique était un régime socialiste c’est comme ça qu’il s’appelait.

Que faites vous à l’Assemblée Nationale ?

François : Que faites vous à l’Assemblée Nationale ?

MGB : A l’Assemblée Nationale, lorsqu’on est député on élabore la loi… Par exemple j’ai écrit une loi contre les délocalisations d’entreprise, j’ai déposé une loi qui autorise le mariage entre personnes du même sexe… Et on discute de ces lois à l’Assemblée …Je trouve que l’Assemblée nationale n’a pas assez de libertés ; par exemple on ne peut déposer comme on veut des lois, on a le droit qu’à 2 lois par an déposées à l’initiative des parlementaires mais ceci dit c’est très important.

Un élève : Est-ce que les places sont attribuées ?

MGB : Oui les places sont attribuées c’est-à-dire qu’on ne peut pas changer, ça a toujours était comme ça

Un élève : Peut-on vaincre le dopage ?

MGB : Le dopage détruit l’homme car quand vous vous dopez vous perdez votre liberté, votre intégrité physique et mentale. Il y a beaucoup de cancers liés au dopage. Et le deuxième aspect c’est la triche car vous vous êtes aperçu des scandales qui ont éclaboussé l’athlétisme… Donc il faut se battre contre le dopage moi je me suis battue pendant 5 ans contre le dopage car je crois qu’il faut protéger les sportifs et arrêter la tricherie dans le sport

Alexandre : C’est sûr que le dopage fausse le résultat.

MGB : Oui bien sur

Une élève : Avez-vous eu du mal à rentrer dans la vie politique en tant que femme ? Est-ce que c’est normal qu’il y ait moins de femmes que d’hommes à l’Assemblée Nationale ?

MGB : Oh oui, il y a beaucoup moins de femmes que d’hommes à l’Assemblée Nationale. Il y a eu même plus de femmes à la première assemblée après la guerre que maintenant. Il y a plus de discrimination, c’est-à-dire que les hommes ont pris, la politique s’est construite avec les hommes et quelque part les femmes ont beaucoup plus de difficultés, elles sont souvent moins reconnues que les hommes. On demande aux femmes beaucoup plus qu’aux hommes. Mais j’ai la chance d’appartenir à un parti politique qui a toujours privilégié le droit des femmes. J’appartiens à un parti qui dès 1925 avait un journal qui s’appelait « L’ouvrière » et qui était un journal féministe. Il y avait un secrétariat d’état à la situation féminine et c’est un parti qui s’est toujours battu pour le droit de vote des femmes, pour qu’elles soient éligibles. On a même présenté des femmes en 1925 et 1937 alors que les femmes n’étaient ni électrices ni éligibles et on s’est placé dans l’illégalité pour faire en sorte que les femmes se voient reconnaître le droit de vote. Donc moi, j’ai la chance d’appartenir à une organisation qui est très féministe mais bon… à droite c’est encore plus difficile qu’à gauche.

Une élève : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce métier ?

MGB : La politique ce n’est pas un métier, c’est un engagement. Pourquoi ? Parce que j’appartenais à une famille de 7 enfants. Mon père était garagiste, on a connu de très grandes difficultés sociales j’ai connu les coupures d’électricité et les coupures d’eau. Ça m’a profondément marqué. Je me suis révoltée contre cette injustice. Et après j’ai participé en 1968 à un grand mouvement social de grève. Quand j’étais étudiante j’ai adhéré au parti communiste en 1969. Et après je suis devenue élue municipale, régionale et je suis devenue député.

Bové, les grèves et le chômage


Léonore : C’est qui José Bové ?

MGB : José Bové est un dirigeant d’un syndicat paysan qui s’appelle la Confédération paysanne, qui est un syndicat très revendicatif.

Léonore : Contre la vache folle et la grippe aviaire…

MGB: Oui, mais aussi les OGM dans le maïs, tu sais contre les OGM qui transforment les plantes. Et c’est un homme qui fait aussi de la politique.

René-Pierre : Pourquoi il y a des grèves ?

MGB : Parce que les cheminots, les conducteurs de la RATP avaient des revendications et comme la direction ne voulait pas leur donner raison ils ont été obligé de se mettre en grève et la direction a cédé et je crois que les cheminots vont reprendre le travail dans la journée ——Florent : Quels sont vos prochains projets ?

MGB : Mon prochain projet, c’est de lutter contre le chômage … A Blanc Mesnil, il y a des quartiers où il y a plus de 30 pour cent de jeunes au chômage. C’est pour ça que je suis contre les licenciements boursiers, c’est-à-dire qu’une entreprise qui produit, elle fait des bénéficies mais on licencie quand même les salariés car on veut accumuler plus de bénéfices sur les actionnaires. Donc moi je souhaiterais que les salariés puissent intervenir dans les choix de gestion de leur entreprise pour empêcher les licenciements. C’est un de mes projets en ce moment.

Grégory : Comment ça se fait il y a beaucoup de gens au chômage, comment ça se fait ?

MGB : Pourquoi il y a beaucoup de gens au chômage ? D’abord, parce qu’il y a des entreprises qui ferment et qui déménagent dans des pays où les salaires sont beaucoup plus bas.

Thomas : Ils vont faire comme en 95 la grève ?

MGB : Je ne pense pas, il y a toute une partie des cheminots qui a repris le travail ce matin.

Oui, ils vont reprendre dans la journée. En 95, rappelez vous, il y avait un premier ministre Alain Juppé qui ne voulait pas écouter et la grève a duré. Pourquoi? Il ne voulait pas céder, c’étaient des mesures qui concernaient la retraite des cheminots.

Comment ça se fait que vous dîtes non à la France

David J: Comment ça se fait que vous dîtes non à la France alors que moi je dis oui à la France entière ! Comment elle peut réussir à s’exprimer la France ?

MGB : J’ai dit non à un projet qui voulait faire de l’Europe un grand marché, je voulais d’un espace où les gens vivent. Et c’est pour ça que j’ai refusé ce projet pour l’Europe. Mais j’espère que la France va repartir sur de bonnes bases.

David : Il ne faut pas dire non à l’Europe, il faut dire oui ! Il faut que tout le monde se réunisse pour l’Europe unie !

Un élève : Etes vous pour ou contre la Turquie dans l’Union Européenne ?

MGB : Je crois que tout peuple qui veut entrer dans l’union européenne on doit lui donner droit, donc moi je suis pour, il faut bien sûr que la Turquie respecte les droits de l’homme et de la femme. Il faut que la Turquie reconnaisse tous les peuples qui habitent la Turquie, notamment le peuple kurde. Mais je suis pour !

Nathanaël : Normalement on ne devrait pas dire Union Européenne, mais Union Eurasienne comme ça, ça peut inclure la Turquie ! Il faut faire un référendum là-dessus.

Egalité et handicap

Nathanaël: Je veux que les deux sexes soient à égalité.

MGB : Je partage ce point de vue, je suis d’accord avec toi.

Nathanaël : Normalement le mot « homme » doit inclure les hommes les femmes, les adolescents et les enfants. Donc normalement, tu es un homme, moi je suis un homme, on est tous des hommes.

MGB: On est tous des êtres humains.

Nathanaël : Oui mais je préfère qu’on dise homme.

MGB : Moi je préfère qu’on dise êtres humains avec des hommes ou des femmes, mais ce n’est pas grave, on est d’accord pour dire qu’il faut être à égalité entre les hommes et les femmes.

Sarah : Quel est votre sentiment concernant la personne en situation d’handicap qui s’est fait agressée lors des récentes émeutes ?

MGB : C’était une femme qui était dans un bus et des individus ont mis le feu au bus et cette femme a été grièvement blessée ainsi que l’employé de la RATP qui voulait la délivrer. Bien moi je condamne très fermement cette violence qu’elle porte atteinte à un handicapé comme à toute personne. Je comprends la colère des jeunes, on peut exprimer la colère autrement que par la violence on peut l’exprimer autrement, par d’autres moyens.

David J : Il faut arrêter les violences !

David S : Il faut des personnes comme Ghandi, Martin Luther King…

MGB : Tout à fait. Ils ont fait bouger beaucoup de choses.

David J: Il faut que cesse les violences !

François : Qu’est-ce que c’est l’Etat ?

MGB: L’Etat c’est ce qui permet à tous les citoyens …de leur assurer les même droits l’Etat doit assurer par exemple que les enfants puissent aller à l’école publique, l’état doit assurer que partout il existe une police une gendarmerie qui assure la sécurité. l’Etat doit assurer que partout il y ait des lieux pour que les gens se fassent soigner. l’Etat c’est tout ce qui organise la vie en collectivité dans un pays.

David J : je n’aime pas les hôpitaux, je suis contre les hôpitaux parisiens, j’ai passé des mauvais moments à l’hôpital.

MGB : Oui c’est vrai il faut repenser l’accueil des hôpitaux.

Thomas : MG, vous repartez quand à Blanc Mesnil ?

MGB : Pas tout de suite car ce soir je vais à Bordeaux, je fais un débat, demain je vais à Saint-Etienne pour faire un autre débat, pour discuter des questions de l’emploi, de la sécurité.

Thomas : Il est maire de Bordeaux, Juppé ?

MGB : Oui

Thomas : Comme le vin. Tu connais Jean Marie le Pen ?

MGB : Je l’ai juste croisé sur des plateaux de télévision. Mais c’est un monsieur à qui je ne sers pas la main.

Thomas : Pourquoi vous ne serrez pas la main à le Pen ?

MGB : Parce que je trouve que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des idées qu’on puisse fréquenter.

La politique c’est prenant !

Alexandre : Qu’aurez vous aimé faire si vous n’aviez pas fait de la politique ?

MGB : Professeur d’histoire-géographie, j’avais commencé des études pour être professeur d’histoire et géographie…Ça m’aurait beaucoup plu.

Alexandre : Quand vous n’êtes pas en politique comment vous faites ?

MGB : Si par exemple je n’étais pas réélu député je reprendrai mon travail dans les collectivités locales. Mais je ne fais pas de la politique toute ma vie ; j’ai fait des enfants je les ai élevés, j’essaie de lire, j’adore la lecture. C’est mon plaisir le plus important. Je suis maintenant grand-mère et j’aime bien m’occuper de mon petit fils. On a une vie en dehors de la politique !

Alexandre : Oui mais la politique c’est prenant !

MGB: C’est prenant et c’est dur. Ce n’est pas la politique en soit qui est dure, c’est le rôle des médias, de la télévision, c’est-à-dire que des fois on exprime une idée et que les médias la traduisent mal et on est toujours assez tendus, assez inquiets…

Alexandre : C’est vrai d’un truc complètement bénin à la base, les médias grossissent l’information, ont tendance à grossir l’information et à en faire un truc qui devient très grave finalement.

MGB : Tout à fait, oui tout à fait

Est ce que vous n’avez pas la sensation que le communisme était dépassé ?

Une élève : Est ce que vous n’avez pas la sensation que le communisme était dépassé ?

MGB : Non c’est un peu ce que je disais tout à l’heure c’est que l’expérience qu’il y a eu en Union soviétique et dans quelques pays étaient des expériences qui allaient à contrario des libertés démocratiques et individuelles donc ça a mené à l’échec c’est la phrase que je dis souvent : « On ne peut pas faire le bonheur des hommes sans eux »

Un élève : Dans ce cas, pourquoi vous ne vous appelez pas différemment si vous êtes autant aux antipodes ?

MGB : Parce que le communisme, ça était aussi ce qui s’est passé en Union soviétique, mais le communisme ça aussi était l’histoire du communisme dans ce pays. Le communisme a aussi été les grandes luttes de 36, ça était la résistance à l’occupant nazi, ça était la lutte contre la puissance coloniale, ça était les grandes conquêtes sociales de notre pays. Donc je n’ai pas envie de jeter le bébé avec l’eau sale. J’ai envie de garder l’idée de la mise en commun, c’était l’idée du partage, c’était l’idée de la solidarité. Il y a des partis qui ont changé de nom comme en Italie comme d’autres partis mais je trouve qu’il faut mieux assumer l’héritage avec ses zones d’ombres et puis ses belles choses.

Yann : Est-ce que des fois vous portez des pantalons ?

MGB : Très souvent. En général je suis en pantalon.

Arnaud : MG, pourquoi aujourd’hui vous êtes en robe ?

MGB : Pourquoi aujourd’hui je porte une robe parce que comme ça j’ai pris ce matin une robe sans réfléchir, il y a des fois comme ça.