Patrick Chesnais est un ami des Papotins. Son amie Odile Roire, comédienne et fidèle soutien du journal, l’a accompagné chaque fois. Cette fois-ci, la rencontre se fait après la projection de son film « Je ne suis pas là pour être aimé ».


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Arnaud : Patrick, je voulais te demander, pourquoi tu criais dans le film de mercredi dernier ?

PC : Pourquoi je criais? Mais je criais pas tout le temps, je criais à un moment quand j’étais pas content, après justement,  ne jamais avoir élevé la voix, il y a un moment où  le couvercle explose, et c’est surtout avec mon père.

Arnaud : Patrick, je voulais te demander,  pourquoi il est mort le vieux monsieur dans le film ?

PC : Il est mort parce qu’il est vieux, je pense. Qu’il était arrivé au bout de sa vie et que…

Arnaud : Il est vraiment mort ou pas puisque c’est un film?

PC : Non, non, ce n’est qu’un film, c’est un acteur qui a joué sa propre mort.

Arnaud : C’est un trucage?

PC : Oui si on veut

David : J’ai pas aimé le moment où il dit : « Tu me fais chier, tu me fais chier, tu me fais chier! ». Ca, ça m’a donné envie de pleurer…

PC : Ha oui et pourquoi ?

David : Parce c’est mal poli…

Alexandre : Il y avait un gros problème de communication finalement.

PC : Oui, c’est ça, c’est un des sujets du film.

Alexandre: Je disais que je crois que le thème moteur c’était la communication, tout ça pour nous faire comprendre que…communiquer justement c’est quand même très important.

PC : C’est très important, et c’est pas toujours facile, même entre gens très proches de la même famille

Alexandre : Mais quand on le peut il ne faut s’en gêner.

PC : Voilà, sinon, effectivement on risque de ne plus être poli.

David : On pleure, on pleure…

PC: On risque d’employer des gros mots parce que les choses qui ne sont pas dites sortent à un moment ou à un autre et parfois elles peuvent sortir plus violemment et c’est dommage.

Driss: Anaïs, tu n’as pas pu voir le film car tu as eu un problème de bouchons. On va d’abord laisser ceux qui ont vu le film et on est nombreux à l’avoir vu. C’est venu vraiment, vraiment à un moment où…Attends Anaïs…Ca va être pratiquement notre journal, le numéro qu’on est entrain de préparer, on est dans cette difficulté les uns les autres à exprimer nos sentiments, ce qu’on ressent…et surtout, surtout exprimer des choses positives, quand on aime quelqu’un on a du mal à lui dire, quand on éprouve un sentiment tendre envers quelqu’un, on a du mal à lui dire et on était dans ces propos là depuis pratiquement quelques temps. Et le film donc arrive où on voit vraiment à l’intérieur d’un personnage qui a du mal à dire ce qu’il ressent et d’où le…

David : le thème !

Arnaud : Driss, il s’appelait comment le film de mercredi dernier je n’ai pas retenu comment il s’appelait ?

Alexandre : «  Je ne suis pas là pour être aimé »

PC : « Je ne suis pas là pour être aimé »

Arnaud : Je voulais te demander, Patrick, pourquoi tu dis : « ça me fait chier, ça me fait chier, ça me fait chier » à un moment ?

PC : Comme je vous disais tout de suite, je suis très énervé après mon père qui est pas toujours un caractère très facile, mais c’est peut être aussi sa façon à lui de masquer ses sentiments, disons que c’est de la pudeur. Voilà. C’est une espèce de vieux bougon pas commode, mais qui en même temps a du cœur. Mais ça c’est pas évident tout de suite, surtout pour son fils…

Arnaud : On s’était déjà vu une fois, toi et moi ?

PC : Oui, oui absolument.

Arnaud : C’était l’anniversaire de mon père, c’était il y a 3, 4 jours. Et ton anniversaire à toi, je m’en rappelle plus ?

PC : C’est le 18 mars.

Thomas : C’est un vendredi cette année, le 18 mars. Vous avez quel âge ?

PC : Un vendredi cette année…le 18 mars ?

Thomas : Patrick, vous avez quel âge ?

PC : J’ai 59.

Thomas : Pourquoi vous avez râlé dans le film, pourquoi ?

PC : Pourquoi j’ai râlé ? Un peu pour les raisons que je viens de dire, c’est un type qui est pas toujours heureux, ni comblé par l’existence au point où il en est. Puis quand même, il s’occupe de certaines choses dont les autres ne veulent pas s’occuper comme par exemple aller voir son père en maison de retraite et s’occuper de son fils qui est vaguement à la dérive…

Thomas : Qui s’est fait voler son sac dans la bagnole, je m’en rappelle…

Paula : Non, elle a oublié son sac…

Thomas : Les pompes?

-PC : Ah les chaussures, oui, oui.

Driss : C’est un prétexte… est-ce qu’elle les a vraiment oubliées ou elle a fait semblant de les oublier… Elle les a oubliées vraiment ? Moi je pense que c’est une technique pour pouvoir revenir…

David : Dans le film j’étais vraiment inquiet de voir son père lui dire : « tu me fais chier, tu me fais chier, tu me fais chier… »

PC : Ah oui ça je crois que ça vous a beaucoup marqué j’ai l’impression…plus que l’histoire d’amour…le rapport avec le père…un peu conflictuel.

Alexandre : Moi j’ai l’impression que le père est un peu acariâtre où je ne sais pas

PC : Oui c’est un vieux monsieur qui a un sale caractère on va dire…Mais ça ne l’empêche pas d’avoir du cœur mais il ne montre pas, il ne montre jamais, il en parle pas. C’est peut être pour ça qu’il y a des problème de rapports parce que les gens ne se disent pas les choses…

Alexandre : Il le cache.

PC : Oui, il le cache, en tout cas il ne le montre pas

Alexandre : il a du cœur, si tant t’est qu’il en ait, il le cache.

PC : Oui c’est ça, c’est ce qu’on appelle la pudeur, il ne veut pas montrer ses sentiments,il ne pas faire, surtout pas de sentimentalisme qui est aussi un gros défaut aussi de l’autre côté. Enfin c’est le contraire.

David : Mais c’est de la furie ton film !

PC : Mais vous avez quand même remarqué que c’était un film d’amour, que c’est une rencontre avec un homme et une femme aussi. Une rencontre improbable ! Puisqu’au départ…

Alexandre : Mais ça était très masqué quand même…

PC : Ah bon ?

Alexandre : Moi j’ai trouvé personnellement très masqué.

Driss : Très masqué ?

PC : La rencontre entre cet homme et cette femme t’as trouvé ça, très masqué ?

Alexandre : Ben… ça était quand même assez éclipsé.

PC : Ah oui, et qu’est-ce que tu as trouvé le plus important dans le film alors? Quelle est la chose qui t’a apparu comme étant  important dans ce film, qu’est ce qui t’as apparu le plus flagrant ?

Alexandre : Bah, les problèmes de communication, oui ça…

PC : Plus que l’histoire d’amour…?

Alexandre : Oui, ça la communication… ça m’a interpellé, je dirais.

Florent : Comment s’appelait l’actrice qui jouait avec lui?

PC : Elle s’appelait Anne Consigny.

Florent : Consignée ?

PC : Consigny

Florent : Comment ça s’écrit ?

PC : ça s’écrit…euh attends que je dise pas de bêtises c’est : C.O.N.S.I.G.N.Y.

Florent : Où ça était tourné ?

PC : Ca était tourné à Paris, à Paris et à Angers, les extérieurs ont été tournés à Angers.

Florent : Dans quel arrondissement de Paris ?

PC : Alors dans quel arrondissement de Paris…Attends… 0n a tourné ça à côté de la bourse, mes bureaux, c’était à côté de la bourse. Mon appartement, c’était… le cours de tango, c’était vers rue…

Bonjour le truc….mon appartement, c’était juste à côté, dans le jardin du Luxembourg dans le 6ème là… en gros c’est ça…

David : C’est beau, c’est magnifique le jardin du Luxembourg, c’est un espace très vert en plus…

Florent : C’est où… certains arrondissements qui ont la préférence…enfin certains cinéastes préfèrent tourner dans certains arrondissements plutôt que dans d’autres Paris ?

PC : C’est une question ?

Florent : Oui, est-ce que vous savez ?

PC : Non, je ne crois pas, ça dépend un peu du décor dont on a besoin, ça dépend de l’autorisation de la préfecture, faut savoir qu’il y a de plus en plus de tournages et que Paris est une sorte de décor naturel qui est très prisé par les cinéastes et par les cinéastes étrangers aussi, donc il y a de plus en plus de tournages. Alors les autorisations sont données de plus en plus facilement, mais il y aussi des problèmes de voisinage, des problèmes de circulation dont il faut tenir compte donc bon, tout ce genre d’éléments jouent dans le choix du décor, enfin le premier élément, c’est l’élément artistique, faut avoir les espaces pour bien garer le camion, il y a toute une logistique, toute une organisation autour qui pèse sur le choix du décor.

Si les camions, on ne peut pas les garer, ils encombrent, on ne peut pas les garer à côté, le décor n’est pas jouable, les camions avec tout le matériel technique, les câbles et tout ça…

Florent : Je vous assure que j’ai lu ça dans un  journal que les cinéastes préféraient jouer dans certains arrondissement plutôt que d’autres, je ne sais plus lesquels…

PC : oui, il y a des arrondissements plus faciles mais j’ai chaud

-Pourquoi ne voulez vous plus voir cette jolie femme ?

PC : Parce que j’ai l’impression qu’elle m’a trahi, enfin qu’elle m’a dissimulé quelque chose d’important dans le début de nos rapports amoureux, c’est qu’elle allait se marier et que 15 jours après je l’apprends par une indiscrétion un peu, plus qu’une indiscrétion… Une personne mal intentionnée qui pour une raison de vengeance ou …décide de lâcher le morceau devant moi, du coup je suis très triste, très fâché.

-Elle avance son pied droit et son pied gauche et quand vous avancez votre pied gauche et votre pied droit, comment s’appelle cette danse ?

PC : C’est le tango

-Ce n’est pas vous l’acteur qui traduit le personnage que vous interprétez ?

PC : Ce n’est pas moi, ça c’est sûr, je vais pas endosser tout

Driss : Alors, est-ce que vraiment elle le trahit ?

-Non j’ai pas cette impression, j’ai l’impression que vous vous réconciliez à la fin…

PC : Oui à la fin c’est sûr, enfin lui a le sentiment d’avoir été trahi ou abusé dans sa confiance, on lui a caché quelque chose d’incroyablement important puisque c’est le début d’une histoire d’amour, et qu’il apprend, disons par inadvertance, que cette femme va se marier 15 jours après… Donc on ne peut pas dire qu’il soit content de cette nouvelle.

David: Mais les histoires d’amour finissent mal en général…Paula

-Quand votre carrière a-t-elle commencé ?

PC : D’acteur de cinéma ou de cinéastes ?

-Cinéaste.

PC : Il y a peu de temps, il y a 5 ans à peu près

-Quel était votre premier film entant que cinéaste ?

PC : Ca s’appelait « Charmant Garçon » que vous avez pu voir l’année dernière , ou un peu plus  oui, voilà…

-Quand votre carrière d’acteur a commencé ?

PC : Oh il y a longtemps, il y a beaucoup plus que 5 ans, il y a… On peut dire quand je suis rentré au conservatoire, pour moi c’est un peu la date référence, quand je suis rentré au conservatoire de Paris qui est une école supérieure pour les acteurs, c’était…j’avais 18ans donc, plus de 40 ans, plus de 40 ans !

-Avez-vous commencé à faire du théâtre et du cinéma en même temps ou bien… ?

PC : J’ai commencé par faire du théâtre et puis petit à petit le cinéma est venu, mais un peu plus tard… Le cinéma à l’époque venait plus tard puisqu’il n’y avait pas autant de films pour jeunes, ce qui est maintenant le public essentiel du cinéma, donc fait avec des jeunes, car pour intéresser le public il faut lui parler des problèmes qui le concerne. Donc il n’y avait pas beaucoup de films avec autant de jeunes qu’il y en a maintenant…

-Une autre question, quand vous jouez aux jeux d’échecs, vous perdez ou vous gagnez ?

PC : C’est une bonne question…Attends…

Driss : Mais c’était au Monopoly dans le film, il ne joue pas aux échecs dans le film…

-Quand vous jouez aux jeux de Monopoly, vous gagnez ou vous perdez ?

PC : Bah je crois qu’on n’a pas tout à fait le temps de s’en apercevoir… Je crois que c’est simplement un moment où on les voit jouer au Monopoly et il n’est pas dit dans le film s’il gagne ou s’il perd, c’est un peu secondaire dans l’histoire du film, ce n’est pas ça le plus important.

Alexandre : Le plateau du Monopoly, il valse quand même parce que vous vous étiez en colère…

PC : Oui le plateau du Monopoly il saute, on n’a pas le temps de savoir qui a gagné, qui a perdu quoi ?! Il a valsé avant.

Greg : Et moi je peux lui poser des questions, à PC ?

Driss : Oui.

Greg : Alors comment ça se fait que dans le film, comment ça se fait que votre papa à vous quand il est vieux, qu’est ce qu’il avait comme maladie ?

PC : Il est vieux surtout.

Greg : Il est vieux… Il était très malade, il souffrait beaucoup, un peu ?

PC : Non je crois qu’il était vieux et…

Greg : Il était fatigué ?

PC : Très fatigué, il est mort d’une grande fatigue et de vieillesse quand même…

Greg : Comment ça se fait que vous dansez, vous dansez avec des copines? Avec beaucoup d’amies, des grandes dames que t’aimes bien…

PC : Ce sont des partenaires de danse…

Greg : Des partenaires de danse oui…C’était bien comme musique, ils jouent bien les musiciens, ils jouent bien… et qu’est-ce que tu aimes le plus dans le spectacle ? Comment ça se fait que la dame à vous, la secrétaire, elle a oublié la chaussure, comment ça se fait qu’elle a pas ramassé ?

PC : C’est une bonne question, c’était peut être un moyen de me revoir sous le prétexte d’avoir oublié quelque chose, elle sent qu’elle a une attirance vers moi, et moi vers elle, c’est le début d’une histoire d’amour qui petit à petit se met en place…

Greg : Oui petit à petit se met en place…Après qu’est ce qui se passe, qu’est ce que vous travaillez tout le temps au bureau, parce qu’après la secrétaire, la dame travaillait avec vous ? Elle a dit qu’elle voulait se marier avec toi la dame, ta femme à toi. La secrétaire quand elle travaille avec vous au bureau, vous travaillez tous les deux ?

PC : Oui, oui.

Greg : Vous gagnez beaucoup de sous pour les papiers, vous signez aussi, vous signez dans le film au cinéma PC ? Ouais. C’est bien j’ai posé des questions !

Driss : Est-ce que tu as aimé le film ?

Greg : Oui ça m’a plu !!! Oui c’était vraiment bien.

Driss : Et quand il criait dans la voiture ?

Greg : Et quand tu criais dans la voiture, qu’est ce que tu lui avais dis à la secrétaire, quand la dame elle est mon… ?

Driss : Mais tu as entendu là tout à l’heure, quand David et Arnaud et puis d’autres ils étaient effrayés…quand il a …

Greg : Quand il a crié dans le film, ils étaient pas contents. Ca les a un peu énervé…

Driss ; Et toi ça t’a pas… ?

Greg : Pas du tout, pas du tout ! Ca m’a pas inquiété, pas du tout …

Arnaud : Ca m’a fatigué mercredi dernier quand t’as crié dans le film, parce que t’avais crié trop fort… Ca m’avait drôlement impressionné… Je voulais te demander Patrick, pourquoi la dame dans le film tu la vouvoies ?

PC : Je la vouvoie parce qu’au début du film on ne se connaît pas donc on se dit vous

Arnaud : Si tu la connaissais la dame, tu la tutoierais ?

PC : Bah à un moment dans le film on se dit tu…

…. Greg là je la connais Odile…

Greg : Quand ils ont déménagé, les secrétaires les patrons, ils sont allés où les infirmiers, les docteurs à toi, le patron à toi…

PC : Il y a un docteur, mais c’est pas mon patron…

Greg : Mais c’est pas un patron à toi ?

PC : Tu parles du médecin que je viens consulter parce que je suis un peu essoufflé quand je monte les escaliers ? Qui me dit qu’il faut que je fasse du sport,

Greg : Et après on le voit plus, après on le voit plus.

PC : Il se contente de dire qu’il faut que je fasse du sport. Le sport, c’est le tango après.

Greg : Le tango, ça c’est vrai…

David : Moi aussi je fais souvent du sport.

PC : Tu fais quoi, toi comme sport?

D : Je fais souvent de la musculation.

PC : Ah ouais, poids et altères.

-C’est plutôt calme, en dépit 2 ou 3 séquences qui sont peut être assez violentes.

PC : Plutôt calme, ça veut dire quoi ?

-Il n’y a  pas beaucoup d’action au sens physique du terme.

PC : Ah non il n’y a pas beaucoup de cascades, c’est plutôt des rapports psychologiques entre les gens.

-sans même qu’il y ait des cascades, c’est…

PC : Non, c’est une histoire de sentiments, une histoire d’amour avec des rebondissements quand même, c’est une histoire de sentiments entre les gens, d’amour… avec cette femme, mais aussi avec son père, avec son fils, avec pleins de gens : c’est un film d’amour !

-C’est un film très intériorisé en fait.

PC : Oui, les choses ne sont pas dites, c’est une raison…

-Sous entendues…

PC : des malentendus du film, on ne se dit pas les choses, on les effleure comme ça, la raison de malentendus, de l’émotion du film,  ça touche beaucoup les gens. Il n’y aucune explication.

David : On ne les ressent pas ?

PC : Ah vous ne les ressentez pas les sentiments ?

PC : Non. Ah c’est dommage ça…

David : J’aime pas les films d’horreur mais les films d’horreur, mais les films d’amour…

Anaïs : J’ai retrouvé la mémoire.

Driss : Mais Anaïs tu n’as pas vu le film, tu étais coincée, Charly non plus.

-Y’avait un ascenseur, Patrick, y’avait un ascenseur?

PC : Oui, oui

-A quel étage, il allait ?

PC : A quel étage ? Ca demande un peu de réflexion… Ca devait être un peu haut, mais au cinéma, c’est toujours un peu truqué. On est au 3ème.

-Y’avait une porte, un numéro sur la porte?

PC : Sur la porte de l’ascenseur ?

-Sur la porte de l’ascenseur y’avait un numéro…?

-J’ai pas fait attention non.

-Patrick, c’est comment le prénom de votre femme ?

PC : Dans le film ? Heu je ne me rappelle plus. Je ne me rappelle plus de rien.

-Pourquoi vous avez crié dans le film ?

PC : Excuse moi de te dire que je suis en colère contre mon papa.

-Le prénom de mon Papa ? Georges, voilà.

PC : Et le prénom de sa femme ?

-A votre papa ?

PC : Dans le film, c’est pas spécifié.

Ils se sont séparés, se sont séparés vos parents ?

Driss : Dans le film tu étais séparé, dans le film ?

PC : Oui

-Ils se sont séparés les parents à vous

Greg : Vous avez des enfants ? On peut encore poser des questions?

PC : Mes parents à moi ? Dans le film, oui, et moi aussi je suis séparé il y a une illusion très rapide à un moment.

-C’est quand le prochain film Patrick. C’est quand ?

PC : Je sais pas.

-Pourquoi ?

PC : Ah si y’a un film qui va sortir bientôt pour la télévision qui s’appelle Don Quichotte.

-C’est quoi ce film ?

PC : Don quichotte, c’est l’histoire très intéressante sur un chevalier errant qui prend ses rêves pour la réalité. Il va partir redresser les torts et les…

-David : A l’île de Ré, l’histoire de Don quichotte, je l’ai en cassette audio.

René-Pierre : Vous jouez quoi comme rôle dans le film ?

PC : Dans le film, je ne suis pas là pour être aimé, je joue le rôle d’un huissier de justice qui s’ennuie dans la vie, dont on a l’impression que son parcours est plutôt derrière lui, donc il avance comme ça en roue libre en essayant de faire les choses.

-Jean Claude Delsarc.

PC : C’est ça, il s’appelle Jean Claude Delsarc, et il est huissier de justice en…

Anaïs : Patrick Chesnais, mon papa, il est mort.

-Il avait quel âge dans le film ?

PC : A peu près 85 ans.

-Il était vieux ?

PC : Il avait 85 ans. Il était pas tout jeune.

-Halala ! C’est vieux.

-Il est mort en quelle année, votre père ?

PC : Mon père à moi, pas dans le film ?

-Ouais…

PC : Mon père à moi, Patrick Chesnais, oh il est mort en 77,

-28 ans

David : C’est vieux ça…

Arnaud : Ca m’intrigue quand tu cries dans le film.

PC : Ah encore…c’est quand je crie contre mon père. Mais pourtant toi, vous avez vu, « Charmant Garçon » , je ne sais pas si vous vous rappelez mais je criais beaucoup plus…

Arnaud : Dans « Charmant »,  il ne se passe pas la même chose, je voulais te dire une chose Patrick, ah oui, je sais ce que je voulais dire, je sais ce que je voulais dire, pourquoi le vieux

Monsieur, il est pas facile même quand il joue aux dames…

PC : Recommence, ta question.

PC : Parce que le vieux est à priori de mauvaise humeur tout le temps, peut être pour des raisons qui nous échappent dans le film, peut être parce qu’il a décidé d’être comme je l’ai dit de faire chier le monde.

-Ohlalalala

PC : Oui c’est un gros mot mais c’est un peu ça…le texte est bon pour montrer sa mauvaise humeur, son mécontentement par rapport au monde mais en même temps il a du cœur c’est ça qui est émouvant.

David : Sa dignité, oui. Moi je pensais qu’il était très inquiet, quand il disait « tu me fais chier, tu me fais chier, tu me fais chier, tu me fais chier !!»

Greg : Et les enfants à vous, les tout petits qu’on voit une fois dans le film, les enfants, la maman leur dit : il faut baisser un peu le son, parce que c’était un peut trop fort pour la télé? Des invités vont venir, les enfants dans le film les tout petits, leurs parents à vous ?

C’est qui ? « Faut éteindre la télé, les enfants » elle dit.

Driss : On absorbe tout ce qui est tension, injonction dans ce genre, et ça met nos jeunes… et c’est vrai que ça avait réagi dans la salle, il y a eut cette tension là quand elle a dit : « vous baissez la télé ». Alors c’est vrai que dans le film ça n’a pas grande…

PC : C’est un moment très court, mais c’est un moment très fort, mais ça les a beaucoup impressionné, qu’est ce que vous pensez de l’histoire d’amour, ça vous a intéressé, vous vous en foutez, ou…. ?

Greg : Non, c’est bien, ça m’a plus.

PC : Ca vous a plu ?

-Je veux dire quelque chose quand même, la jolie femme elle a dit qu’elle allait vous expliquer quand elle s’est mariée avec un homme et qu’elle vous expliquait à votre bureau, ce qui m’a un peu surpris, avec votre voiture vous avez roulez, roulez, et la femme elle a dit, la jolie femme : « attendez Jean-Claude, je peux… » quand même, ça m’a quand même étonné, ce qu’elle a dit.

PC : Mais pourquoi ?

Driss : Parce que c’était une question directe.

PC : Moi j’étais pas très content à ce moment là parce que donc elle va se marier dans 15 jours, j’ai un mouvement d’humeurs, je pars dans la voiture, elle essaie de me rattraper pour m’expliquer ce qu’il s’est passé.

-Vous n’êtes pas de bonne humeur

PC : Voilà, je suis même de très mauvaise humeur, mais ça ne se voit pas quand je l’apprends, je reste impassible, c’est une des forces du film, on le découvre après quand je monte et que je démarre en trombe, là effectivement on se rend compte.

-Est-ce que avant de réagir vous prenez beaucoup de temps pour réagir ?

PC : C’est à dire dans la façon dont se passe le film, on appelle ça une ellipse, c’est à dire que bon on me voit ne pas réagir, c’est une façon de réagir quand il se passe rien, c’est que quelque chose va se passer et l’image d’après on le voit monter en voiture et démarrer très vite, voilà.

Driss : On est très dans…comment rentrer en contact avec l’autre, comment expliquer à l’autre, dire quelque chose de tendre à l’autre. C’est quelque chose de très, très difficile, c’est quelque chose qu’on a du mal…à

PC : Et d’ailleurs le type que je joue, qui est un type d’un certain âge qui a du mal à parler de ses sentiments, notamment de ses sentiments amoureux, c’est quelque chose qui ne sort pas facilement, voilà. C’est aussi l’histoire de ce type qui n’exprime jamais ses sentiments aussi bien avec, il a une façon de les exprimer détournée on va dire, qui est aussi une des émotions du film, de la force du film, on sent que ce type a un potentiel d’amour, de tendresse pour les gens pour cette femme qu’il va rencontrer mais il ne le dit parce que c’est comme ça, parce que c’est dans sa nature, parce qu’on lu a pas appris, il n’a pas le tuyau. On appelle ça de la pudeur en France.

Driss : Comme son père.

PC : Voilà comme son père et probablement comme son fils aussi.

-et la secrétaire !

-comme tout le monde !

Greg : Je t’ai vu à la télé quand tu buvais du champagne, tu buvais un petit coup dans le film avec des cacahuètes, les apéros, c’était la fête, avec beaucoup d’amis, avec des copines à toi, quand on fait la fête, quand y’avait l’apéritif, l’apéro, le champagne.

Le champagne, c’est au début du film mais il y avait pas tellement de monde.

Greg : Vous avez beaucoup d’amis là bas ?

C’est une drôle de fête quand même.

Vous faîtes la fête à 3 dans le bureau, les apéros, les cacahuètes, apéritifs, ah ouais, t’aime beaucoup la fête, vous avez beaucoup d’amis dans le bureau, des copines, ouais.

David : J’ai beaucoup de copines, je vais faire une grande fête au mois de décembre.

PC : Pourquoi au mois de décembre ?

David : Parce qu’au mois de décembre, c’est mon anniversaire.

PC : Sagittaire.

D : J’aurais 30 ans.

PC : Et quel jour en décembre ?

D : Le 11, c’est un dimanche…

-Quand vous dansez dans le film… heu, y a la femme qui vous apprend un mot, pesso, et après je ne sais pas lequel…

PC : Ce sont des termes techniques qui se rapportent au tango, on emploie certains termes dont ceux là, je ne sais pourquoi, ce sont des termes de cette danse avec des pas, et des expressions très particulières qui sont celles du tango. Donc il y a celle du tango qui sont pesso, pesso je ne sais plus ce que ça veut dire… Pesso, pesso.

Paula : Poser, poids.

PC : Poids, ça veut dire poids : poids du corps, c’est à dire qu’on met le poids du corps sur le pied droit, sur le pied gauche. Il faut que tout le poids du corps soit reportée sur le pied droit. C’est un terme qu’on utilise très souvent au tango. C’est très important, sinon ça ne marche pas. C’est un mouvement très important pour commencer, c’est comme le ski, si on n’a pas pigé quelque chose de particulier…

Driss : La classe de tango était invitée à voir…

PC : J’étais content parce que c’était très beau et je rencontrais cette jeune femme là qui était assise pas loin de moi, et il y a un échange de regards car je suis content qu’elle soit là, plus le spectacle qui était très beau.

Greg : Y’avait beaucoup de monde, hein ?

PC : Oui, oui, j’étais très content

Greg : C’est bien j’ai questionné. Il est beau, Patrick Chensais, tu es beau avec le costume, tu es beau.

Il est beau mon ami Driss…

Rires

Greg : Il est beau mon ami Driss, mais toi tu es magnifique François. Mon ami Driss, il est venu à mon anniversaire à Paris, il est venu, il est beau comme le champagne mon ami Driss. Il est beau.

David : Tu sais ce que c’est à l’île de Ré, saouler le champagne ?

Stéphane : La scène où tu apportes le chocolat et que le vieux monsieur il dit « c’est pas le même chocolat que d’habitude » qu’il est entrain de goûter.

PC : Y a une scène dans le film qu’on ne voit parce qu’elle a été coupée, où je rentre dans le magasin acheter le chocolat et la vendeuse m’apprend que les chocolats que je prends d’habitude pour mon père, elle ne les a plus. Elle me propose d’autres chocolats qui sont aussi bons mais qui ne sont pas les mêmes et on voit dans cette scène, qui n’est pas malheureusement dans le film mais quand je l’ai joué, ça a été monté… On voit l’importance que ça a de prendre le bon chocolat et je suis absolument catastrophé que ce ne soit pas le bon chocolat car je sais que ça va poser un problème et que et ça pose effectivement un problème, car mon père s’en aperçoit immédiatement et il est une fois de plus pas content du tout.

Stéphane : Aussi les coupes…

PC : Oui les coupes, c’est important.

Stéphane : Il demande les coupes, il dit je les ai jetées à la poubelle, et en vérité le jour qu’il est mort. tu prends la clé et tu l’ouvres et tu vois les coupes…Tu croyais quoi toi, tu croyais qu’il les avait vraiment jetées, les coupes ?

Stéphane : En fait il les a gardées…

Odile : Quand il cherche la clé dans l’armoire tu pensais pas qu’elles étaient dans l’armoire, t’y a pas pensé ?

Stéphane : Non, non, c’est quand il l’a ouvert, on voyait toutes les coupes qui étaient posées avec les étagères.

Driss : Pourquoi à ton avis tu crois qu’il a menti, parce que c’est un mensonge, pourquoi il a menti?

PC : Pourquoi il lui dit qu’il les a jetées, pourquoi mon père me dit qu’il les a jetées, quand je réclame ces coupes qui pour moi sont importantes ? Il dit qu’il les a jetées alors qu’il les a gardées, c’est ça la vraie question. Ca rejoint ce qu’on disait tout à l’heure, c’est à dire ce type est incapable de montrer aucun sentiment qui pourrait ressembler à de la tendresse, ou à une forme d’amour.

Odile : Il ne veut pas s’attendrir.

PC : Oui,  il ne veut pas montrer des signes, il ne veut pas donner le sentiment d’avoir un peu de tendresse pour la vie en général et pour son fils en particulier…alors  qu’il en a beaucoup.

David : Tu sais ce que j’ai vu moi ? Il y a une beauté de parfum dans le film.

PC : Oui absolument… et alors ?

David : Ca m’a beaucoup touché.

PC : Et pourquoi ?

David : Parce que j’aime les parfums qui sentent bons…

Driss : Est ce que tu te rappelles David que la dame là, la vendeuse lui a fait sentir plusieurs parfums, et il a senti un parfum qui lui a plu et quand il lui a donné le nom du parfum, il n’a pas voulu le prendre parce qu’il avait peur des mots. Même le nom du parfum…C’est ce qu’on disait sur la peur des mots il y a des mots qui… le personnage avait peur d’offrir ce  parfum qui portait un nom, je ne me rappelle plus…

PC : Passion intense,

Driss : le parfum lui plaisait mais le nom exprimait trop de choses.

PC : Passion intense une fois de plus il y a un parfum dans cette boutique qu’il trouve très bon mais la vendeuse lui dit qu’il s’appelle passion intense, ha non non non…

Anaïs : Les mots me font peur !!

Driss : Il y a des mots qui font peur, oui…

A : Les mots me font peur !!

David : Orange intense.

Driss et PC : Non, Passion intense.

David : Je pense que l’homme a peur de sentir Passion intense… il comprend rien.

Driss : Il comprend très bien, mais ça lui fait un peu peur, c’est encore une façon d’exprimer quelque chose même avec…

PC : Là on peut comprendre : il veut offrir un cadeau à la femme pour laquelle il éprouve des sentiments, et il veut surtout pas … enfin il pourrait puisque ça lui correspond et que le parfum sent bon mais il trouve que le nom du parfum est un peu beaucoup pour le moment puisqu’il s’appelle Passion intense et même si c’est vrai qu’il éprouve une passion intense pour cette femme, il n’a pas envie de lui offrir ça parce que c’est dans sa nature et parce qu’il trouve que c’est un peu beaucoup…

David : Exagéré !

PC : Exagéré, oui, c’est le mot.

Sébastien : Je ne sais pas quoi dire

Greg : …

PC : Pourquoi le chocolat, parce qu’il aime le chocolat. C’est une façon de lui faire plaisir et puis j’ai intérêt à le ramener parce que je vais me faire engueuler. Oui il m’engueule.

Greg : Il les a jetés à la poubelle ?

PC : Non, je suis reparti avec.

Greg : Vous partez avec ?

-Qu’est ce que tu aimes comme musique classique ?

David : J’adore Mozart.

Tous : Moi, j’adore Mozart, Beethoven, Bach,  Brahms…

-Strauss !

-De qui était le tango sur lequel vous dansiez dans le film ?

PC : C’est un tango, y’en a plusieurs, y’en a qui ont été composées spécialement pour le film et la plupart du temps ce sont des tangos originaux qui ont été créés, spécialement pour le film sauf un, et je ne sais pas le nom du musicien, hélas ! Ce sont de très bons musiciens qui ont fait la bande originale du film.

PC : Ca vous a plu le tango ? Est ce que les scènes de danse vous ont plu ?

Greg : Oh oui ça m’a plu.

PC : C’est pas mal ?

David : Moi, y a un mot que je n’ai pas aimé, c’est…

PC : « Tu me fais chier ».

David : Oui « tu me fais chier », « tu me fais chier », « tu me fais chier »…tout le temps, tout le temps, et ça j’aime pas.

François : Le moment que vous avez dit m’a un peu surpris parce que une fois je me souviens au Théâtre Lucernaire, je sais pas ce qui m’est arrivé, je ne sais pas ce qui m’a pris, mais en tout cas, Grégory m’a dit : « François Rivière, t’es chiant ! ». Et moi du coup, je me suis mis à pleurer et du coup je n’ai pas pu me retenir.

Driss : Parce qu’il t’a dit ça

David : Don’t cry for me, ça veut dire, Ne pleure pas pour moi, ne pleure jamais pour moi.

Driss : Je les ai jamais vu voir aussi intensément : ils étaient vraiment, vraiment dedans parce qu’il y avait, comme disait Florent, il y a avait énormément de silences qui étaient très parlant. On était dans l’attente de : il va dire quelque chose et finalement.

PC : Le scénario est très dialogué, et puis il y avait une heure de plus que ce que vous avez vu. Il devait durer 2 heures et demie. Il l’a ramené à une heure et demie, c’est à dire qu’il y a énormément de scènes qui ont sauté au montage et c’étaient celles qui étaient bavardes en fait. Il est allé à l’épure, à l’essentiel et se servir d’un minimum de mots

Driss : Y a une scène dans la voiture, Arnaud toi, qui t’intéresse aux bagnoles arrête de draguer là…

Rires

Arnaud : Je voulais te dire une chose Patrick, je ne me rappelle plus pourquoi le vieux monsieur il crie à un moment du film, c’est ça qui m’intéresse…

PC : Le vieux monsieur se fâche parce qu’il sent que je ne suis pas tout à fait concentré et tu sais, on joue au Monopoly

Arnaud : Ah parce que tu sais Patrick, les choses les plus agréables, c’est quand vous êtes de bonne humeur.

PC : Oui, c’est intrigant, l’un est de mauvaise humeur parce moi j’ai des problèmes personnels avec cette jeune femme et lui il est de mauvaise humeur parce qu’il est toujours de mauvaise humeur et là tout particulièrement parce qu’il sent que je ne suis pas tout à fait concentré sur le jeu de Monopoly, que j’ai la tête ailleurs et ça l’agace énormément que je ne sois pas concentré, que je joue mal au Monopoly, voilà.

-Grognon

Driss : La scène de Monopoly où il parlait de voiture, elle lui disait qu’elle aimait sa voiture, et il lui expliquait que : oui il voulait acheter une voiture française et que finalement il a acheté une voiture étrangère, tu t’en rappelles bien…

-J’ai l’impression qu’Arnaud ne s’intéresse lus aux voitures

Arnaud : Ah tu vois la semaine dernière c’était l’anniversaire de mon père. C’est le 13 juin.

Thomas : C’est un lundi.

Odile : Cette année ? Et l’année prochaine ?

Thomas : Un mardi.

Odile : En 2006

Thomas : Ca va être un mardi … J’ai gagné !

PC : Comment tu sais aussi rapidement que c’est un lundi ?

Thomas : Parce que j’ai bonne mémoire…

Odile : Francis Cabrel, les chemins de traverse…

Paula : Elle a trahi derrière son dos, elle veut se marier mais lui il veut pas parce qu’elle veut se marier avec un autre…

Driss : Mais toi tu fais ça sans arrêt. Tu as un fiancé et tu en cherches un autre.

Paula : Oui…Mais lui il a fait le dos. Lui il est un bon acteur, il est sexy, il est classe, il parle tout le temps. Je voulais te demander jusque quand il reste dans les salles ?

PC : Ah jusqu’ a se

Paula : Parce que moi j’aime beaucoup le film j’ai dit à ma sœur : « J’ai beaucoup aimé le film ».

Driss : Tu as amené ta sœur le voir ?

Paula : Non mais je lui a proposé, elle m’a dit si elle a le temps. Il joue bien, je suis ravie de lui. Je suis fière de lui.

PC : Merci

Paula : Je t’aime beaucoup Patrick … J’ai perdu….Je suis libanaise.

-Ce film c’est un film qui se finit bien, et ce film ça m’a beaucoup, beaucoup plu

PC : Parce que ça se termine bien ?

-J’aime bien quand les héros gagnent dans les films

PC : Bah le héros gagne ! qu’est ce que tu veux…

Paula : Patrick Chesnais et Odile Leroy ils sont ensemble.

PC : C’est une question ?

Paula : Ils font un beau couple, vous deux. Tu fais attention à Odile Leroy.

PC : En ce moment je joue dans une pièce qui s’appelle « Une heure et demie de retard », c’est ça la question ?

-Dans quelles pièces vous avez joué ?

PC : Ah…J’ai joué dans une cinquantaine de pièces…à peu près ce qui est beaucoup…La liste… on va rendre des grandes pièces classiques qui vous évoqueront quelque chose comme par exemple…le mariage de Figaro, le Misanthrope ou les Fourberies de Scapin ou… voilà. C’est, c’est de Molière ce que j’ai joué, les Noces de Figaro, c’est de Mozart ça était écrit d’après la pièce de Beaumarchais.

-Est-ce que vous aimé les musiques de film ?

PC : En général… oui les musiques de film s’est très souvent intéressant, il y a toujours du feeling dans ce qui donne à rêver.

Florent : Je préfère les musiques de vieux films, les classiques.

Odile : Tu connais les musiques de Théo Angelopoulos ?

Florent : Non.

Odile : Bah c’est bien, tu devrais écouter.

-Je connais celles de Français.

PC : Nino Rota c’est un grand de film Nino Rota.

– C’était !

PC : J’ai pris des cours de tango, j’en prends plus mais

-Où t’as appris

PC : C’était un particulier qui nous donnait des cours et de temps en temps on allait au bal tango. Toutes les semaines à Paris y a ce qu’on appelle un bal tango dans le quartier du Marais et tous les gens qui dansent le tango viennent à ce bal et dansent le tango entre eux et c’est très beau. Le tango argentin, c’est le plus intéressant, le plus pointu. C’est le tango argentin qui est un peu le film, qui donne en même temps beaucoup et qui est en même temps est retenue. C’est une danse à la fois très sophistiquée et à la fois très animale.

Paula :  J’aime beaucoup le tango, j’aimerai prendre des cours.

PC : T’en as pris ?

Paula : Non c’est ma sœur.

PC : Ah c’est très compliqué à apprendre, pour arriver à danser le tango moyennement, mais pour danser quand même il faut deux ans de cours intensifs.

-Avec des talons !

PC : Pour les femmes oui

– Odile est danseuse

Paula : Oui mais elle ne danse pas le tango.

Odile : Non parce que j’ai un problème pour danser avec quelqu’un.

Florent : Qu’est ce que vous aimez comme danse ?

Odile : j’aime beaucoup la danse théâtre, tout ce qu’a amené Pina Bausch, la danse contemporaine…

PC : C’est pas question qu’il pose, c’était savoir quelle danse tu aimes, si tu es plutôt rock’n roll, chachacha

Odile : C’est ça que tu voulais ? Pour le danser ou pour le voir ?

– Danser.

Odile : Moi je ne sais pas bien danser avec quelqu’un parce que je ne sais pas bien me laisser conduire. J’ai du mal à me laisser guider et donc je préfère encore le rock il n’y pas ce problème.

PC : Avec le tango tu te laisses guider et en même temps tu guides.

Odile : Ah je devrais faire du tango alors.

PC : Le tango est une danse inventée par les prostituées. Donc c’est une danse à la fois très populaire et très sexy et qui peu à peu a été sophistiquée avec des pas particuliers.

Odile : Donc peut être que je devrais essayer, mais l’idée de prendre des cours de danse de salon, c’est sans doute le film c’est souvent des gens qui sont dans un milieu qui est pas…pour leur loisirs parce que dans leur vie ils s’ennuient ou ils ont du mal à s’exprimer ou à exprimer des choses ou simplement à … Et moi dans mon métier je ne m’ennuie pas et je ne pense pas à prendre des cours de danse de salon.

Driss : Je ne savais pas que le tango c’était ça dans un premier temps la femme est dans les bras de l’homme et c’est lui qui mène et ensuite elle retourne la situation.

PC : Au départ, c’était pas dansé par le hommes il n’y a que les femmes qui dansaient c’était une danse pour les hommes quand ils faisaient la queue dans les bordels de Sao Paolo, des faubourgs hard des grandes villes argentines et petit à petit ça a pris de la noblesse. Mais au départ c’était vraiment un truc du

-Est-ce que vous connaissez l’opéra Maria de Buenos Aires  piaz ?

Odile : Non et toi tu connais ? Ca roule bien comme ça, c’est beau, ça doit être bien ça

-C’est un opéra qui traite de l’histoire du tango,

Driss :  C’est sur l’histoire du Tango ?

-Oui je crois

Alexandre : Comment vous est venu l’idée du cinéma, est ce que c’est une idée qui…

PC : De faire acteur dans les films ? Moi je faisais surtout l’acteur au théâtre, et j’ai acheté une caméra assez vite et je voulais aussi faire du cinéma comme metteur en scène d’ailleurs dans mon quartier on m’appelait le metteur en scène. Et puis ça m’est passé et je suis devenu acteur et j’ai tout de suite travaille au théâtre entant qu’acteur et le cinéma est venu naturellement. Au départ, c’était surtout au théâtre, sur une scène devant un public, qui réagit, qui rit et qui applaudit à la fin

Anaïs : Patrick, je veux te parler, Charmant Garçon, ça ne me fait plus peur, je me faisais peur, maintenant ça ne me fait plus peur.

PC : Qu’est ce qui te faisait peur dans le film ?

Driss : De quoi tu avais peur dans le film ?

Anaïs : Patrick Chesnais était en rogne.

Driss :Est-ce que c’était pas trop pénible de faire la promotion de ce film ? Au cinéma ?

PC : Non, pourquoi ce serait…

Driss : Je sais pas.

PC : De ce film là, pas en général, moi j’en ai pas beaucoup fait parce que j’étais au théâtre. J’ai fait les radios, les télés,  j’en ai fait quelques uns en province. Les gens étaient ravis, émus, bouleversés, très contents du film, c’était plutôt facile Quand il y a des contradictions, les gens sont pas trop enthousiastes, c’est plutôt compliqué, mais là c’était très bien reçu.

Driss : C’est un rôle qui n’était pas simple et aller en parler à … je sais pas.

PC : C’est agréable d’aller à la rencontre des gens et de partager avec les gens qui l’ont vu.

Ce qui est plus difficile, c’est quand on rabâche à la radio et dans les télévisions la même chose. Mais en même temps quand on aime bien un film… enfin moi j’aime bien défendre ce film, « défendre », enfin il n’est pas attaqué. Mais en tout cas j’aime bien parler du film pour qu’un maximum de personnes en entendent parler et viennent le voir parce que c’est un film que j’aime beaucoup c’était pas très compliqué. Vous avez d’autres questions. Non ça va ?

Greg : C’est un film qui finit bien, ça s’arrange après, ouais, ça c’est vrai. Ca s’est arrangé, hein Patrick Chesnais, Tout est bien qui finit bien, hein Patrick Chesnais, c’était bien ?! Ca m’a beaucoup plu !

Driss : Aron c’est la première fois qu’il vient et tu m’aides pas beaucoup

Greg : Driss téléphone !

-Driss t’as reçu un message.

Driss : Faut lui donner envie de revenir, si tu fais le con.

-Y a une très belle scène, de très belles scènes : c’est à chaque que le fils part, le père derrière le rideau regarde, et se cache et la dernière visite du fils, c’est le fils qui se retourne et qui regarde si le rideau s’ouvre.

PC : C’était des petits détails, une somme de petits détails, jamais surlignés, ni grossis. La somme de tous ces détails c’est un film très émouvant, oui.

-Ils vont réussir à vivre heureux pour toujours.

PC : Ah je ne sais pas si il va y avoir une suite non mais ça j’en sais rien. Qu’est ce que t’en pense ? C’est vous qui devez donner la réponse, chacun doit donner sa réponse.

Driss : C’est très chouette ce moment où tu dis à ton fils barre toi vas voir ailleurs, j’ai trouvé ça magnifique.

-Fous le camp

Driss : C’était pas comme quand on dit fous le camp à quelqu’un qu’on aime pas, c’est tout le contraire.

PC : Il comprenait qu’il n’était pas fait pour ce gris de bureau et que…

-Fiche le camp

Driss : Et le seul moment tendre, c’est ce baiser que le fils donne à son père, c’est vraiment…

PC : Sur une prise, c’était pas prévu du tout, c’est le metteur en scène juste avant le départ de la prise sans que je sois au courant à demander à mon fils de m’embrasser et j’étais pas au courant et comme j’aime bien être surpris, dans la situation le personnage est interloqué et c’était pas quelque chose de prévu, et il l’a gardé.

Odile : J’aime bien l’idée que nos enfants ne nous appartiennent pas.

Driss : Pour moi, c’est vrai, un enfant est libre et il a sa vie

Paula : Combien de films ?

PC : Une cinquantaine.

Paula : Tu es un grand Oscar.

PC : Je suis un grand Oscar et un petit César.

Paula : Oh je suis contente de te voir, c’est un cadeau pour moi

Driss : C’est un cadeau pour nous

Driss : Tu as reçu des prix ?

PC : Oui j’ai reçu un césar, sinon j’ai reçu pleins de prix je suis l’acteur le plus primé d’Armédia paraît-il, Armédia c’est un agent. J’ai été très recompensé contrairement au moment où je faisais mes études j’étais très mauvais élève…

David : T’es beau.

Greg : T’es beau avec le costume…

Driss : Ca fait quoi d’être reconnu dans ton travail

David : Tu travailles bien avec nous

PC : J’aime beaucoup être ici avec vous