Tony ESTANGUET pèse dans le game

Tony et Claire dans la salle du conseil de la Ville de Paris (c) P. Ravanello

Julien Bancilhon/ Je suis heureux que l’on se retrouve aujourd’hui dans cette magnifique salle du conseil de la Ville de Paris. Nous sommes en bonne compagnie, puisque nous avons avec nous Tony Estanguet. Monsieur Estanguet, on vous a vu récemment dans votre fonction de président de Comité d’Organisation des Jeux Olympiques, mais vous êtes aussi un athlète de haut niveau, champion du monde de canoë à plusieurs reprises, également triple médaillé d’or olympique. Les Papotins sont très heureux et très enthousiastes à l’idée de vous rencontrer. Avant de leur laisser la parole, je voudrais remercier la mairie de Paris. La mairie de Paris soutient Le Papotin depuis presque une vingtaine d’années, et peut-être même depuis plus longtemps. Je remercie évidemment Anne Hidalgo, la maire de Paris ainsi que Lamia El Aaraje et son équipe. 

Berivan/ Tu as quel âge ?

Tony Estanguet/ J’ai 46 ans.

B/ Tu es grand !

TE/ Oui, je suis vieux, surtout.

B/ Qui fait les repas chez toi ?

TE/ Ça dépend. Parfois c’est moi, parfois c’est ma compagne, parfois c’est mes enfants – mais pas souvent, quand même.

B/ Tu as des enfants ?

TE/ Oui, j’ai trois garçons.

B/ C’est quoi leur prĂ©nom ?

TE/ Le plus grand, qui a 17 ans, s’appelle Titouan ; le deuxième, qui a 13 ans, s’appelle Gabin ; le troisième, qui a 11 ans, s’appelle LĂ©andre.

B/ Elle est oĂą ta maison ?

TE/ Je vis dans le sud-ouest de la France, à côté de Pau. Je ne sais pas si vous connaissez, c’est proche des Pyrénées. Et je travaille à Paris depuis à peu près dix ans, donc je vis principalement à Paris.

B/ Est-ce que tu t’es baignĂ© dans la Seine ?

TE/ Oui, je me suis baignĂ© dans la Seine deux fois. La première fois, c’était lĂ  oĂą on a eu la compĂ©tition de triathlon, au niveau du Pont Alexandre-III ; la deuxième fois, c’était avec la maire de Paris.

B/ En maillot ?

TE/ Oui, en maillot de bain. C’était juste là, à côté de l’hôtel de ville.

B/ Ton Maillot, est-ce que c’est un Nike, un Adidas ?

TE/ Non, je ne crois pas.

B/ Pourquoi ?

TE/ Parce que c’est un maillot de bain que j’ai acheté il y a très longtemps, mais je ne me souviens plus de la marque.

B/ Est-ce que c’est un sport, la natation ?

TE/ Oui, c’est un sport. C’était même au programme des Jeux Olympiques et Paralympiques

B/ Et vous en faites ?

TE/ Non. Moi, j’ai fait du sport. Avant d’être dans l’organisation des Jeux Olympiques, j’ai été athlète dans un sport qui s’appelle le canoë-kayak.

B/ Sur Paris ?

TE/ Non, ce n’était pas sur Paris. C’est des tout petits bateaux, et on doit passer dans des rivières, Ă  travers des portes, et on est chronomĂ©trĂ©. J’ai fait ça pendant 20 ans.

B/ Est-ce que tu as des sous ?

TE/ Oui. Je travaille, donc je suis payé.

B/ Ici ?

TE/ Non, pas ici. J’ai travaillé pendant dix ans pour organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques. Mon travail était d’organiser avec plein de gens toutes les compétitions – il y en a eu 871 dans 54 sports, avec 15 000 athlètes. Donc j’ai été payé pour organiser les Jeux Olympiques.

Alexandre B/ J’aimerais savoir ce que ça vous a fait, maintenant que vous ĂŞtes de l’autre cĂ´tĂ© de la barrière. Vous avez Ă©tĂ© athlète. Qu’est-ce qui est le plus facile, si je puis dire ?

TE/ C’est une très bonne question. Quand j’étais enfant, je rĂŞvais de devenir un athlète et de participer aux Jeux Olympiques. Ensuite, j’ai eu la chance de faire du sport en compĂ©tition, de beaucoup m’entraĂ®ner, de me qualifier pour les Jeux Olympiques. Donc j’ai participĂ© quatre fois aux Jeux Olympiques. Quand j’ai arrĂŞtĂ© ma carrière, Ă  l’âge 34 ans – cela faisait 20 ans que je faisais du canoĂ«-kayak en compĂ©tition -, j’ai eu la chance de pouvoir travailler dans l’organisation des Jeux Olympiques. C’est très difficile de comparer les deux, parce que, quand on est athlète, on a un projet personnel, on s’entraĂ®ne tous les jours. Quand je gagnais une compĂ©tition, j’étais très content, mais quand je perdais une compĂ©tition, j’étais très déçu ; mais, quelque part, les consĂ©quences, elles Ă©taient pour moi. Quand on travaille Ă  l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, les consĂ©quences ne sont pas que pour celui qui organise, elles sont pour le pays, elles sont pour les 15 000 athlètes. Bref, ce sont des consĂ©quences très importantes. Donc la pression est beaucoup plus importante quand on organise la compĂ©tition que quand on y participe.

AB/ En plus de ça, vous y avez participé, et, j’ai envie de dire, plutôt brillamment. Parce que vous avez quand même gagné des médailles d’or, etc. Vous n’avez pas fait que participer.

TE/ J’ai gagné trois médailles d’or.

AB/ C’est pour ça que je dis que vous y avez participĂ© brillamment. Vous dites que les consĂ©quences sont pour le pays, oui, mais elles sont Ă©conomiques, politiques. Je pense qu’on a eu de la chance de les avoir, dans le sens oĂą c’était en France, Ă  Paris, Ă  la maison ; ça peut galvaniser, mais, en mĂŞme temps, le public peut aussi demander du rĂ©sultat, c’est-Ă -dire que s’il n’y a pas de rĂ©sultat, il n’est pas content.

TE/ Tu as raison. L’enjeu, c’est de rĂ©ussir Ă  ce que tout le monde trouve sa place dans l’organisation des Jeux Olympiques. C’est d’abord pour les athlètes car, quand on est athlète, c’est très important parce qu’on se prĂ©pare pendant des annĂ©es, 10, 15 ans, pour ĂŞtre Ă  son meilleur niveau et rĂ©aliser son rĂŞve. C’est important aussi pour tous les spectateurs. Cet Ă©tĂ©, on a vu, pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, que des millions de personnes sont venues pour ĂŞtre « spectateurs Â» de ces Jeux et ont vĂ©cu des Ă©motions absolument inoubliables. Donc les consĂ©quences sont très importantes, et elles dĂ©passent juste les enjeux des sportifs.

AB/ Le truc, c’est que ça dure 15 jours. Donc, oui, on vit des Ă©motions, mais c’est très Ă©phĂ©mère. On a reçu rĂ©cemment Antoine Dupont, un rugbyman qui joue en Ă©quipe de France, qui nous a dit qu’il dĂ©testait la dĂ©faite.

TE/ C’est sĂ»r que quand on est sportif de haut niveau, on dĂ©teste la dĂ©faite. C’est pour ça qu’on s’entraĂ®ne très dur. On veut absolument gagner. Alors oui, les Jeux Olympiques et Paralympiques se sont dĂ©roulĂ©s sur une durĂ©e très courte, mais c’était tellement intense. C’est un Ă©vĂ©nement planĂ©taire. La moitiĂ© des personnes vivant sur la planète ont regardĂ© les Jeux de Paris 2024. C’est Ă©norme, on parle d’environ 4 milliards de personnes. Donc, mĂŞme si ça ne dure pas longtemps, en fait, ça intĂ©resse Ă©normĂ©ment de monde. C’est pour ça que les Ă©motions sont très fortes. Pendant quinze jours, tous les projecteurs sont tournĂ©s vers le mĂŞme endroit, et c’est ce qui fait que le moment est aussi exceptionnel.

AB/ Avec tous les Ă©vènements nĂ©gatifs qu’il y a en ce moment, est-ce que ça n’a pas Ă©tĂ© une parenthèse un peu enchanteresse, si je puis dire ? Pendant un mois, ça a Ă©tĂ© le moment de donner un peu de bonheur aux gens. 

TE/ Je suis complètement d’accord. Je pense que c’était aussi notre projet de montrer que le sport peut beaucoup apporter dans la vie des gens, de rassembler, d’unifier, de permettre aux gens d’être en meilleure santé aussi, parce que la pratique du sport est un levier d’épanouissement et permet de se sentir bien dans sa peau. Donc l’objectif, pour nous, était de montrer que l’organisation du sport et des plus grandes compétitions sportives allait déclencher une émotion très forte et du bien-être, parce que les gens étaient heureux de partager ce moment ensemble, au sein des familles, entre amis.

Plus de 200 pays étaient réunis ici, à Paris, pendant les Jeux ; c’est absolument exceptionnel, c’est le plus grand projet qu’on n’ait jamais organisé dans ce pays. (Tony Estanguet)

(c) P. Ravanello

Stanislas C/ Est-ce que, pour vous, ça a Ă©tĂ© un privilège de gagner trois mĂ©dailles d’or ? Car aucun athlète n’a eu ce privilège. L’avez-vous vu comme un rĂŞve tellement ça paraissait irrĂ©aliste ?

TE/ Oui, c’était un rĂŞve pour moi. Pendant une vingtaine d’annĂ©es, tous les jours, quand je me levais le matin, mon objectif Ă©tait de progresser, de continuer Ă  essayer d’être le meilleur dans le monde entier, dans mon sport. Donc ça m’a obligĂ© Ă  trouver des solutions pour progresser. MĂŞme quand je gagnais une compĂ©tition, je savais que, le lendemain, il fallait retourner Ă  l’entraĂ®nement et continuer Ă  travailler pour continuer Ă  progresser, parce que les adversaires allaient continuer Ă  s’entraĂ®ner. Donc ça a Ă©tĂ© une quĂŞte personnelle absolument extraordinaire, ça a Ă©tĂ©, pour moi, une excitation quotidienne pendant 20 ans de ma vie.  Et aussi Ă  m’amuser, parce que, dans le sport, ce qui est sympa, c’est qu’on vit de sa passion, et tous les jours, Ă  l’entraĂ®nement, on aime ce qu’on fait. Pour moi, ça a Ă©tĂ© un rĂŞve, d’abord, de me qualifier pour les jeux, parce que c’est très difficile – puisqu’un athlète par pays participe aux Jeux. Donc, d’abord, il fallait que je me qualifie, et ensuite, il fallait gagner la compĂ©tition. J’ai fait ça trois fois sur trois olympiades diffĂ©rentes. J’ai Ă©tĂ© le premier Français Ă  le faire. Maintenant, il y en a d’autres, puisqu’il y a notamment des handballeurs français qui ont gagnĂ© aussi trois titres olympiques sur trois olympiades diffĂ©rentes. Il  a aussi Teddy Riner, en judo, qui, depuis son titre Ă  Paris, est entrĂ© de ce cercle des athlètes ayant gagnĂ© sur trois olympiades diffĂ©rentes. 

SC/ Est-ce que vous avez regretté d’avoir éliminé votre frère pour les Jeux Olympiques ? Est-ce que vous vous êtes dit que ce n’est pas la meilleure chose que vous ayez faite ? Est-ce que ça vous a fait mal d’avoir fait ça ?TE/ Je ne sais pas si tout le monde connaît cette histoire. Comme je le disais à l’instant, pour participer aux Jeux Olympiques, il faut se qualifier, et pour se qualifier, la plupart du temps, il n’y a qu’une place. Dans mon histoire personnelle, j’ai un grand frère, qui a cinq ans de plus que moi, qui s’appelle Patrice et qui a été médaillé olympique avant moi. Aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, il avait gagné la médaille de bronze, et il était plus fort que moi. Mais mon rêve, c’était aussi de participer aux Jeux Olympiques. Donc, pour participer aux Jeux Olympiques, il fallait non seulement que je batte tous les autres athlètes français, mais parmi eux, il y avait aussi mon frère. Ça a été très difficile pour moi de dépasser la relation personnelle que l’on avait tous les deux, de me dire, quand j’étais au départ de la compétition, que j’allais être le plus fort possible et d’oublier que, parmi mes adversaires, il y avait aussi mon frère. Donc ça a été très difficile à vivre, parce que battre son frère, ce n’est pas quelque chose de naturel, d’autant que c’est lui qui m’a appris à faire du canoë, qui m’a aidé pour atteindre le meilleur niveau mondial. Mais ça nous a aussi rapprochés, parce que cette émotion n’a pas été facile à vivre, et

on a continué à rester en très bons termes et à rester de bons frères. (Tony Estanguet)

Tristan croque Tony (c) P. Ravanello

Arnaud D/ Je ne te connaissais pas, avant.

Akli/ Tu faisais du canoĂ« ?

TE/ Exactement. Tu connais le canoĂ« ?

A/ C’est une sorte de petit bateau.

TE/ Exactement, un petit bateau sur l’eau.

A/ Je vais interviewer Clara Luciani.

TE/ Tu es fan de Clara Luciani ?

A/ Oui, je l’adore ; elle paraĂ®t sĂ©duisante, plutĂ´t chic. Toi aussi, Tony, tu aimes Clara Luciani ?

TE/ Oui, bien sûr.

A/ Est-ce que tu es fan d’elle ?

TE/ Je n’irais pas jusque-là. Je ne connais pas très bien ses chansons, mais c’est une très grande artiste française.

A/ J’adore Ă©couter le rap des rappeurs. Et toi, ça t’arrive d’écouter le rap des rappeurs ?

TE/ Mes enfants écoutent beaucoup le rap, mais moi, un peu moins. Mais ce n’est pas tout à fait du rap, Clara Luciani.

Julien Bancilhon/ Akli est le roi du coq à l’âne, il balaie large.

Marvin/ Est-ce que vous allez ĂŞtre prĂ©sident de la RĂ©publique Ă  l’avenir ?

TE/ Non, je ne crois pas.

M/ Vous ne voulez pas ?

TE/ Je pense que ce n’est pas pour moi, non. C’est très difficile d’être président de la République.

M/ Y a-t-il eu un plat que vous avez aimĂ© quand vous Ă©tiez Ă  PĂ©kin en 2008 ?

TE/ Pour ĂŞtre très honnĂŞte avec toi, je n’ai pas un très bon souvenir de ce que j’ai mangĂ© lors des Jeux Olympiques de PĂ©kin. C’était la première fois que je dĂ©couvrais la Chine, et ça a Ă©tĂ© assez difficile pour moi de m’habituer Ă  ce pays, parce qu’il y avait trop de choses qui Ă©taient très diffĂ©rentes. La nourriture Ă©tait diffĂ©rente, la mĂ©tĂ©o aussi Ă©tait diffĂ©rente ; il faisait très chaud, très humide. Du coup, j’ai eu beaucoup de mal Ă  m’adapter Ă  ce pays. Je ne cherche pas des excuses parce que je n’ai pas Ă©tĂ© très bon dans mon sport lĂ -bas, mais ça a Ă©tĂ© un peu difficile pour moi, donc je n’ai pas de très bons souvenirs. Je suis assez gourmand, j’aime bien manger, mais je n’aime pas trop les plats en sauce, et il y avait beaucoup de plats en sauce.

M/ Est-ce que vous connaissez les boulettes teriyaki ?

TE/ Non.

M/ Est-ce que vous aimez les sushis ?

TE/ Oui, j’adore. C’est plutôt japonais.

M/ Est-ce que vous aimez les soupes chinoises ?

TE/ Oui, c’est bon. Mais pour le ventre, ce n’est pas très bon.

M/ Vous pouvez vous faire plaisir une fois à l’heure d’hiver et une fois à l’heure d’été.

TE/ Exactement. De temps en temps, ça fait du bien.

Arnaud questionne Tony Estanguet (c) Paola Ravanello

Yolanda/ C’est un peu dur de faire du canoë.

TE/ Oui, c’est un peu dur. Tu sais, le sport, en gĂ©nĂ©ral, c’est toujours assez difficile. Quand on ne connaĂ®t pas, au dĂ©but, on est un peu perdu. Tous les sports sont difficiles. Dans tous les sports, quand on apprend, quand on accepte d’apprendre, d’écouter et d’essayer, assez vite, on comprend comment il faut faire. Le canoĂ«, c’est des coups de pagaie. On est assis dans un bateau, on a une pagaie pour avancer ; on pagaie Ă  droite, on pagaie Ă  gauche, il faut un petit peu gĂ®ter avec les jambes pour ne pas tomber Ă  l’eau et pour se diriger. Et ce qui est super dans ce sport, c’est qu’on dĂ©couvre aussi les rivières. En France, on a des rivières un petit peu partout, dans les montagnes mais aussi dans les plaines. MĂŞme ici, sur la Seine ou sur la Marne, il y a des gens qui font du canoĂ«-kayak. Les paysages sont tous très diffĂ©rents. Il y a des endroits oĂą il y a beaucoup de courants, oĂą il y a des chutes, il y a des endroits oĂą les rivières sont très Ă©troites et des endroits oĂą les rivières sont très larges, il y a des endroits oĂą il y a des arbres et des endroits oĂą il n’y a pas d’arbres.

Y/ Est-ce que vous avez une voiture ?

TE/ Oui, j’ai une voiture.

Y/ Quelle voiture ?

TE/ C’est une Volkswagen.

Y/ Elle est de quelle couleur ?

TE/ Gris.

Y/ Et tu conduis bien ?

TE/ Je crois que je conduis assez bien ; je suis très prudent.

LoĂŻsia/ Est-ce que vous avez des projets pour la suite ?

TE/ Non, pas encore. Ça fait dix ans que je travaille pour organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques. Ma mission n’est pas complètement terminée. On a encore du travail jusqu’à la fin de l’année pour terminer complètement les Jeux Olympiques et Paralympiques, parce qu’il y a des sites de compétition qu’on a montés et qu’il faut maintenant démonter. Ensuite, il va falloir que j’aie un nouveau travail, mais je ne sais pas encore lequel.

L/ Ah, tu n’auras pas de nouveau travail ?

TE/ Pour l’instant, je n’ai pas encore de nouveau travail, mais je vais trouver. 

L/ Quand on a un nouveau travail, on a des projets.

TE/ Exactement, il faut trouver un projet qui nous motive. J’ai eu la chance de trouver ce projet sur l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques ; ça a Ă©tĂ© très motivant pour moi. Donc il va falloir que je trouve un nouveau travail qui me motive aussi. Peut-ĂŞtre dans le sport, parce que ma vie a toujours tournĂ© autour du sport, et j’adore le sport. Je vais regarder ce que je peux trouver.

Ethan/ Quelle est ton opinion sur l’extrĂŞme droite et sur l’extrĂŞme gauche ?

TE/ C’est une bonne question. Tu sais, j’ai pour habitude de ne pas trop commenter la vie politique et donner mon opinion politique, parce que j’estime que ce sont des choses qui sont très personnelles. Ce que je peux dire quand même, pour répondre à ta question, c’est qu’on a la chance de vivre dans un pays qui défend un modèle de société où on a beaucoup de liberté. J’ai beaucoup voyagé dans le monde, et en France, on a la chance d’être dans une démocratie, c’est-à-dire un pays qui permet à tous les habitants de ce pays d’avoir des droits, d’avoir beaucoup de liberté, pour travailler. Moi, je souhaite vraiment qu’on continue à défendre ce modèle de société qui est très humain, très inclusif. Je vois que tu fais la grimace, je vais essayer d’expliquer un peu différemment. Parfois, les extrêmes ont des opinions un peu extrêmes, justement. Personnellement, j’ai toujours un petit peu peur quand les gens ont des avis très tranchés, en rupture avec notre vie démocratique qui laisse cette liberté au plus grand nombre. Donc je ne suis pas toujours très à l’aise avec les idées qui sont à l’extrême, que ce soit à droite ou à gauche.

E/ Comment s’est passĂ© ton voyage en Chine ?

TE/ J’ai trouvĂ© ça intĂ©ressant, parce que c’est un pays que je ne connaissais pas du tout. C’est le pays le plus peuplĂ© au monde, donc c’est très impressionnant, il y a beaucoup, beaucoup de monde. C’est vraiment un très grand pays, un très beau pays, avec une culture ancestrale. La Grande Muraille de Chine, c’est un monument qui est très beau Ă  voir. 

E/ Quel est le plat que tu as le plus mangĂ© en Chine ?

TE/ Je pense que c’est le riz. On mange beaucoup de riz, là-bas.

Gaspard/ Avez-vous dĂ©jĂ  pratiquĂ© d’autres sports ?

TE/ Oui, j’ai pratiquĂ© beaucoup de sports. Mon papa Ă©tait professeur de sport, donc, quand j’étais enfant, il nous a fait dĂ©couvrir beaucoup de sports. J’ai fait du ski, j’ai fait du vĂ©lo, j’ai fait aussi un petit peu de sports collectifs, le rugby, le basket. Et puis, vers l’âge de 13-14 ans, je me suis spĂ©cialisĂ© dans le canoĂ«-kayak. J’ai eu la chance d’essayer plein de sports.

G/ Est-ce que vous avez aussi pratiquĂ© des sports de combat ?

TE/ Non, je n’ai jamais pratiqué de sports de combat.

Adrien/ Comment as-tu trouvĂ© le dĂ©filĂ© sur les bateaux Ă  Paris ?

TE/ J’ai beaucoup aimĂ©. Je sais que vous avez parlĂ© Ă  Thomas Jolly avant la cĂ©rĂ©monie. Je ne sais pas si vous l’avez regardĂ©e, mais c’était très beau ; il y avait beaucoup de poĂ©sie, de romantisme. C’était un beau spectacle. Il y avait de la musique, il y avait de la danse. C’était spectaculaire, il y avait des avions. Il y avait de tout dans cette cĂ©rĂ©monie.

Régina/ De la pluie.

TE/ Et beaucoup de pluie.

Adrien/ Combien de temps faut-il pour faire un dossier pour ça ?

TE/ Il faut dix ans pour organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques, parce que c’est le plus grand évènement qui existe sur la planète. C’est beaucoup de travail. Il faut travailler avec beaucoup d’entreprises, beaucoup d’athlètes, beaucoup de fédérations, beaucoup d’acteurs publics – la Ville de Paris, l’État, le gouvernement, les ministres. Il faut réussir à travailler avec beaucoup de personnes, donc il faut dix ans.

A/ Est-ce que la maire de Paris Ă©tait sympathique avec toi ?

TE/ Oui.

A/ Quelquefois, elle est un peu gentille, mais je trouve qu’elle est en train de bousiller un peu Paris.

TE/ Ah bon ? Non.

A/ Ça dépend.

TE/ En tous les cas, pour les Jeux Olympiques, elle a beaucoup aidé pour que les Jeux Olympiques se passent bien.

Julien B/ Heureusement que j’ai précisé en introduction qu’elle nous soutient quand même depuis de très nombreuses années.

A/ Oui, elle nous soutient. Est-ce que je peux lui dire deux mots Ă  propos de Paris ? Elle est en train de faire n’importe quoi dans Paris.

TE/ Non, on ne peut pas dire ça. Elle a été élue pour diriger Paris et mettre en place des mesures qu’elle pense être les meilleures pour cette ville.

A/ Et c’est quand, le Grand Paris ?

TE/ Le Grand Paris existe déjà.

A/ Comment fais-tu pour venir ici, Ă  Paris ?

TE/ Ce matin, j’ai pensé venir en vélo – parce que je me déplace en vélo dans Paris –, mais il pleuvait, donc je suis venu en métro.

Claire/ Qu’est-ce qui vous rend le plus fier Ă  cette Ă©poque ?

TE/ Ce n’est pas facile de rĂ©pondre Ă  cette question. Aux Jeux Olympiques, ce qui m’a fait le plus plaisir, c’était de voir les gens heureux. Il y a eu du bonheur. Ma vie a changĂ© grâce au sport, et depuis que je suis tout petit, j’ai pu voir tout ce que le sport a pu apporter dans ma vie. Je voulais absolument que beaucoup de Français dĂ©couvrent la magie du sport, parce que le sport peut changer la vie des gens, et on l’a vu avec les Ă©motions cet Ă©tĂ©. 

C/ Je n’ai pas loupĂ© les Jeux Olympiques. Mon sport prĂ©fĂ©rĂ©, c’est le tir Ă  l’arc. Et je n’ai pas ratĂ© CĂ©line Dion, qui a repris la chanson d’Édith Piaf, Hymne Ă  l’amour, pour l’ouverture des Jeux Olympiques. Comment va Thomas Jolly ?

TE/ Il va très bien.

C/ Et je n’ai pas loupé la chanteuse Angèle, qui a chanté à la fin de la cérémonie des Jeux Olympiques. Elle me manque beaucoup.

TE/ Ce qu’elle a chanté était magnifique. On peut vraiment la remercier, c’était très émouvant.

C/ Je ne l’oublierai jamais, je suis contente de l’avoir connue. J’ai chanté avec elle Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion. Je continue de m’entraîner au tir à l’arc pour m’amuser, quand je tue des démons.

TE/ Vous faites aussi du tir Ă  l’arc ?

C/ Oui, pour rêver d’aventures.

JB/ Tu tues des dĂ©mons avec ton arc ?

C/ Et des crĂ©atures monstrueuses comme dans les jeux vidĂ©o. J’imprime les images et je tire dessus. Depuis combien de temps ĂŞtes-vous le « directeur prĂ©sidentiel Â» du ComitĂ© d’Organisation des Jeux Olympiques ?

TE/ Je ne connaissais pas l’expression « directeur prĂ©sidentiel Â». Je rigole un petit peu parce que, normalement, on dit prĂ©sident-directeur. Mais peu importe, ça veut dire la mĂŞme chose. J’ai commencĂ© Ă  travailler sur l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques il y a dix ans. Au dĂ©but, je n’étais pas le directeur prĂ©sident, j’étais juste au service d’un autre patron qui s’appelait Bernard Lapasset – il a Ă©tĂ© le premier Ă  lancer le projet. Au bout d’un an, il m’a demandĂ© d’être avec lui, donc nous Ă©tions deux prĂ©sidents. Ensuite, il a arrĂŞtĂ©, parce qu’il Ă©tait assez âgĂ©, donc je suis devenu prĂ©sident en 2018.

Valentin/ Quel a Ă©tĂ© le meilleur moment pour vous lors des cĂ©rĂ©monies d’ouverture et de clĂ´ture des Jeux Olympiques et Paralympiques ?

TE/ C’est très difficile de choisir un moment. Un moment qui m’a beaucoup marqué, c’est l’allumage de la vasque par les athlètes, que ce soit pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques ou pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques. J’ai beaucoup aimé quand les athlètes se sont transmis la flamme pour finalement allumer la vasque, et j’ai beaucoup aimé voir la vasque monter dans le ciel. J’ai trouvé ça vraiment très beau.

V/ Avez-vous regardĂ© l’escrime ?

TE/ Oui, j’ai un petit peu regardé l’escrime. J’ai beaucoup travaillé aussi pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques, donc je n’ai pas pu tout voir. Le site de l’escrime, c’était le Grand Palais, qui est un endroit merveilleux, très beau, et c’était très spectaculaire. Et on a gagné des médailles.

V/ Qu’est-ce que ça vous a fait que la France ait pu remporter des mĂ©dailles ?

TE/ J’ai Ă©tĂ© athlète, et j’ai Ă©tĂ© très impressionnĂ© par le niveau sportif des athlètes français. Ils ont battu le record, jamais la France n’avait gagnĂ© autant de mĂ©dailles ; ça, c’était quand mĂŞme très impressionnant. 64 mĂ©dailles dont 16 mĂ©dailles d’or pour les Jeux Olympiques, c’est très impressionnant. Et pour les Jeux Paralympiques, il y a eu aussi un record du nombre de mĂ©dailles. Bravo Ă  eux.

V/ Je sais aussi que quand on gagne une médaille, qu’elle soit en bronze, en argent ou en or, le sportif récolte énormément d’argent.

TE/ Oui, il gagne de l’argent. On appelle ça une prime Ă  la mĂ©daille. Elle rĂ©compense son travail. Comme je le disais tout Ă  l’heure, pour gagner une mĂ©daille aux Jeux Olympiques, parfois, c’est 5, 10, 15 ans d’entraĂ®nement, donc, pour rĂ©compenser tout cet effort, la France donne une prime Ă  la mĂ©daille aux athlètes.

David S/ Est-ce que vous pensez que le tir Ă  l’arc et le tir sont rĂ©ellement du sport, et pourquoi ?

TE/ Il y a souvent un dĂ©bat sur la question de savoir ce qui est du sport et ce qui n’est pas du sport. Le tir Ă  l’arc et le tir sportif, pour moi, c’est vraiment du sport. Pourquoi ? Parce que c’est beaucoup de concentration, beaucoup d’entraĂ®nement pour ĂŞtre très prĂ©cis. La difficultĂ© de ces sports-lĂ , c’est qu’il faut enchaĂ®ner des efforts pendant 30 minutes pour ĂŞtre très prĂ©cis. Je ne sais pas si vous avez dĂ©jĂ  essayĂ© de tirer Ă  l’arc, mais c’est très difficile, parce qu’on leur demande d’être très, très prĂ©cis et de tirer très, très loin. 

DS/ Il y a aussi un effort physique Ă  faire.

TE/ Oui, il y a aussi un effort physique, parce que ce sont des arcs avec beaucoup de tension, donc il faut ĂŞtre capable de tenir cette tension un certain nombre de fois – je ne sais plus combien il y a de flèches Ă  tirer, mais c’est beaucoup de flèches. Donc, oui, il y a quand mĂŞme une rĂ©pĂ©tition. Et, encore une fois, mĂŞme si l’effort n’est pas le mĂŞme d’un point de vue physique, d’un point de vue psychologique, d’un point de vue mental, la concentration est peut-ĂŞtre encore plus difficile. Ce qui est gĂ©nial dans le sport, c’est que tous les sports sont diffĂ©rents. On ne peut pas comparer les sports ; il y en a qui sont très physiques, il y en a qui sont très techniques, et il y en a qui sont mentalement très difficiles. Donc chaque sport est diffĂ©rent, et pour moi, le tir Ă  l’arc et le tir sont vraiment des sports très difficiles.

RaphaĂ«l/ Quel a Ă©tĂ© l’élĂ©ment qui t’a le plus marquĂ© aux Jeux Olympiques ?

TE/ J’ai beaucoup de mal Ă  rĂ©pondre Ă  cette question. Je pense que j’ai besoin de revoir les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques Ă  la tĂ©lĂ©vision. J’ai l’impression d’avoir ratĂ© beaucoup de moments. Dans ce que j’ai vu, j’ai beaucoup aimĂ© les cĂ©rĂ©monies d’ouverture, avec la flamme qui s’allume ; et voir les sportifs au premier plan pour ouvrir les Jeux Olympiques, c’était très beau. Après, il y a beaucoup de sports qui m’ont impressionnĂ©. J’ai Ă©tĂ© très impressionnĂ© par le volleyball ; ils ont Ă©tĂ© champions du monde et ils ont Ă©tĂ© champions olympiques. Ils ont non seulement Ă©tĂ© champions olympiques, mais ils ont gagnĂ© presque facilement, alors que c’est un sport très, très difficile. L’équipe de France de volleyball m’a vraiment impressionnĂ©.

R/ Il y a eu une polĂ©mique au sujet d’une personne algĂ©rienne ; une boxeuse italienne a refusĂ© de combattre contre elle. Que pensez-vous de ça ?

TE/ Je trouve ça dommage. Quand on accepte de faire du sport, il faut accepter le règlement sportif. Et le règlement sportif, c’est de mettre ses idĂ©es politiques de cĂ´tĂ©, d’accepter de jouer au jeu – parce que le sport, c’est d’abord du jeu –, et de respecter les règles. Dans ce cas, quand un joueur, un athlète, refuse de pratiquer face Ă  un autre, il est sanctionnĂ©. 

R/ En tout cas, j’ai trouvé que c’était une très belle organisation des Jeux. J’ai vraiment apprécié aussi la manière dont ils sont arrivés en bateau, avec les drapeaux. J’ai trouvé ça génial. Et j’ai trouvé l’Hymne à l’amour de Céline Dion très émouvant.

TE/ Moi aussi.

Cathy/ J’avais entendu dire que vous n’aviez pas Ă  manger et pas de quoi dormir. Est-ce que c’est vrai ou pas ?

TE/ Non, ce n’est pas vrai. J’ai grossi, donc j’ai beaucoup mangĂ©. Pour ce qui est de dormir, on a beaucoup moins dormi, parce qu’on avait beaucoup de travail. Donc, sur les trois derniers mois avant l’évènement, les journĂ©es Ă©taient très longues et les nuits très courtes. Parfois, on n’avait que 5 ou 6 heures de sommeil, ce qui n’est vraiment pas beaucoup pour moi qui aime bien dormir. Donc on a un petit peu moins dormi, mais depuis, on se rattrape, on rĂ©cupère. 

Emmanuel/ Est-ce que tu as prĂ©vu de faire Fort Boyard ou les Restos du CĹ“ur ?

TE/ Non, ce n’est pas prévu.

E/ Est-ce que tu as dĂ©jĂ  testĂ© le ski nautique ?

TE/ Oui, j’ai essayĂ© une fois, mais ce n’était pas brillant. Est-ce que tu as dĂ©jĂ  vu le film Les BronzĂ©s ?

E/ Je pense l’avoir vu.

TE/ J’ai essayĂ© une fois le ski nautique, mais je n’étais pas très bon. Et toi, est-ce que tu en as dĂ©jĂ  fait ?

E/ J’ai dĂ©jĂ  fait du ski en hiver, il y a une bonne vingtaine d’annĂ©es, mais j’ai arrĂŞtĂ© parce que je glissais tout le temps. Ce n’est plus mon fort. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© marcher avec des raquettes, ce qui n’est pas Ă  confondre avec le tennis. Je suis passionnĂ© de foot et de natation. Soit je nage Ă  la piscine, soit je nage Ă  la mer.

TE/ C’est bien de faire du sport.

E/ Je suis un grand sportif depuis plusieurs années.

Sarkis/ Pourquoi y a-t-il des gens mĂ©chants ?

TE/ Ah ça, tu sais, c’est comme ça, et ça restera toujours comme ça, je crois. Ce n’est pas parce qu’il y a des gens mĂ©chants qu’il faut ĂŞtre impressionnĂ© par eux ; il faut que tu restes comme tu as envie d’être.

S/ Quand vous faites des compĂ©titions de canoĂ«, combien y a-t-il d’étapes ?

TE/ En général, dans une compétition de canoë, il y a des qualifications où on fait deux fois une descente. On garde le meilleur chrono. Ensuite, si on fait partie des meilleurs, on se qualifie pour la demi-finale, et si on fait partie des meilleurs, on se qualifie pour la finale. Il y a trois ou quatre étapes.

Antoine/ Pourquoi est-ce que la personne qui Ă©tait Ă  cĂ´tĂ© de toi sur le plateau de LĂ©a SalamĂ©, il y a deux semaines, a Ă©teint la flamme ?

TE/ AurĂ©lie Aubert, qui a gagnĂ© la mĂ©daille d’or Ă  la boccia, Ă©tait effectivement avec moi dans l’émission avec LĂ©a SalamĂ©, et je lui ai proposĂ© d’être la dernière athlète Ă  Ă©teindre la flamme des Jeux. Ça a Ă©tĂ© un moment très important et très Ă©mouvant, parce que les Jeux de Paris 2024 se terminaient par cette image-lĂ . Pour moi, AurĂ©lie Ă©tait vraiment la championne qui a marquĂ© l’histoire de ces Jeux, elle Ă©tait très Ă©mouvante. Elle Ă©tait très forte dans son sport et très Ă©mouvante sur toutes les Ă©motions qu’elle a vĂ©cues derrière. J’avais envie de lui proposer d’être cette dernière athlète, tous sports confondus, Ă  Ă©teindre la flamme de Paris 2024, et elle a acceptĂ©. 

Julien, Marvin et Tony Estanguet

Adah/ Est-ce que tu aimes bien nager ?

TE/ Oui, j’aime bien nager. J’aime beaucoup l’eau. C’est pour ça que j’ai choisi un sport qui se pratique sur l’eau.

A/ Moi aussi, j’aime bien nager.

TE/ Qu’est-ce que tu ressens quand tu es dans l’eau ?

A/ Quand l’eau est chaude, je ne veux pas sortir.

TE/ Qu’est-ce que tu aimes quand tu es dans l’eau ?

A/ J’aime sauter.

TE/ Faire des bombes pour éclabousser les autres.

A/ J’aime aussi nager. Ma prof dit qu’il faut sortir, mais moi, je veux rester dans l’eau.

TE/ Toutes les bonnes choses ont une fin. C’est bien, il faut que tu continues Ă  faire de la natation ; c’est un super sport.

A/ À la fin, je vais faire une chanson pour toi.

TE/ GĂ©nial. Tu sais Ă©crire des chansons ?

A/ Oui. Et j’aime aussi sauter sur les trampolines.

AurĂ©lie/ Qu’est-ce que tu mangeais avant de faire une compĂ©tition ?

TE/ Je mangeais beaucoup de pâtes. J’adore les pâtes, c’est mon plat prĂ©fĂ©rĂ©. C’est le plat des sportifs, parce qu’il y a beaucoup d’énergie dans les pâtes. Donc, pour l’organisme, c’est très bon. Et puis c’est bon aussi au goĂ»t. Et toi, quel est ton plat prĂ©fĂ©rĂ© ?

A/ C’est les frites.

TE/ Ah oui, c’est bon aussi.

A/ Et qu’est-ce que tu bois avant de faire du sport ?

TE/ De l’eau.

Étienne/ Est-ce que c’est autorisĂ© pour tout le monde, mĂŞme pour les handicapĂ©s ? J’ai portĂ© la flamme lors de la cĂ©rĂ©monie d’ouverture.

TE/ Waouh ! Et tu te souviens oĂą c’était ?

Julien B/ C’était sur le parvis de l’hôtel de ville.

TE/ C’était comment ?

E/ C’était bien. Il faut dire que c’était un pari risqué.

TE/ Et tu as aimĂ© ?

E/ Ça m’a traumatisé. J’étais assez proche de la flamme, ça me réchauffait en même temps.

Pedja/ Est-ce que c’est vrai que vous avez pris le mĂ©tro ?

TE/ Ce matin, oui. J’ai pris la ligne 1.

P/ Ma ligne prĂ©fĂ©rĂ©e, c’est la ligne 11. Est-ce que vous avez des lunettes de soleil ?

TE/ Non, j’ai perdu mes lunettes de soleil.

P/ Quelle Volkswagen est-ce que vous avez ?

TE/ C’est une California. C’est une grande voiture qui me permet d’emmener un canoë-kayak.

Julien S/ Je voulais revenir sur la question de la démocratie. La démocratie dont on parle tout le temps est une démocratie qui est un peu malade. Je voulais arriver à ça parce que j’avais envie de vivre un peu le conflictuel politique qui manque beaucoup actuellement. C’est comme si on voulait que tout le monde soit d’accord sur une ligne directrice. Un pays où tout le monde est d’accord, ce n’est pas vraiment une démocratie.

TE/ Merci, c’est très intĂ©ressant. Je vois que tu as beaucoup rĂ©flĂ©chi Ă  tout ça. Je suis assez d’accord avec toi. Je pense qu’un pays oĂą tout le monde est d’accord, ça n’existe pas. Ce qui est important, justement, c’est que chacun puisse exprimer ses opinions, ses idĂ©es, et c’est pour ça aussi qu’il y a du conflit. Donc il ne faut pas forcĂ©ment toujours avoir peur du conflit, tant que le conflit reste dans des règles acceptables. Mais pour moi, le dĂ©bat d’idĂ©es est utile ; c’est ce qui fait progresser, c’est ce qui fait avancer, parce qu’il y a des gens qui ont des opinions diffĂ©rentes, et je pense qu’il faut les respecter au maximum, tant que ça reste dans un schĂ©ma qui ne met pas en danger la libertĂ© des gens. C’est peut-ĂŞtre en ça qu’il peut y avoir diffĂ©rents sens.

Maxime/ Quand j’étais jeune, j’ai regardé Mission Impossible. J’adore ce film.

Julien B/ On a eu un peu de Mission Impossible dans la cérémonie de clôture.

TE/ Avec Tom Cruise.

M/ Après, il n’y aura plus les Jeux Olympiques.

TE/ Non, mais tu sais, les Jeux Olympiques vont revenir.

JĂ©rĂ´me/ Pourquoi est-ce que les Jeux Olympiques c’est tous les 100 ans ?

TE/ La première fois que les Jeux Olympiques ont existĂ©, c’était en 1896. Ils ont Ă©tĂ© organisĂ©s pour que les peuples arrĂŞtent de se faire la guerre et pour que, tous les quatre ans, pendant quelques semaines, toutes les nations se retrouvent au mĂŞme endroit pour faire des compĂ©titions et cĂ©lĂ©brer la paix. Donc, tous les quatre ans, ça change de pays. La dernière fois que la France a organisĂ© les Jeux Olympiques d’étĂ©, c’était il y a 100 ans. Elle a candidatĂ© plusieurs fois, mais elle a perdu. On a essayĂ© cinq fois d’organiser les Jeux Olympiques, et cinq fois, les Jeux Olympiques ont Ă©tĂ© organisĂ©s dans d’autres pays. Donc il s’est passĂ© 100 ans, entre les Jeux de Paris en 1924 et les Jeux de Paris 2024.

J/ Ce n’est pas obligĂ© que les prochains Jeux Olympiques soient organisĂ©s par la France dans 100 ans ; ça pourrait ĂŞtre dans 10 ans, dans 20 ans.

TE/ Exactement. Tous les quatre ans, les Jeux Olympiques vont à différents endroits, et on ne sait pas quand ils reviendront en France. On sait qu’ils vont revenir en France en 2030, dans six ans, pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver.

J/ On dit que c’est tous les 100 ans, mais en fait, c’est le hasard.

TE/ Exactement.

Yacine/ Pourquoi est-ce que la Croatie n’a jamais gagnĂ© la Coupe du Monde ? En 2010, elle s’est classĂ©e deuxième, après l’Espagne. En 2018, elle s’est classĂ©e deuxième, après la France. En 2022, elle s’est classĂ© troisième. C’est un pays qui n’a gagnĂ© ni Coupe d’Europe ni Coupe du Monde. Pourquoi ?

TE/ Je ne suis pas un expert du football, tu sais. Mais c’est dĂ©jĂ  exceptionnel pour un pays comme la Croatie d’arriver toujours dans le dernier carrĂ©, pour prĂ©tendre Ă  la Coupe du Monde. La raison, c’est qu’il faut continuer Ă  s’entraĂ®ner, Ă  progresser. La France a gagnĂ© sa première Coupe du Monde il n’y a pas si longtemps, en 1998, alors que la Coupe du Monde existait depuis longtemps. Il a fallu du temps, l’Équipe de France s’est accrochĂ©e ; petit Ă  petit, ils ont rĂ©ussi Ă  gagner. Je suis sĂ»r que si la Croatie continue Ă  s’entraĂ®ner dur, elle va finir par gagner.

Y/ La France a gagné des médailles en natation aux Jeux Olympiques.

TE/ Elle a gagné beaucoup de médailles. Léon Marchand a gagné quatre médailles d’or à lui tout seul, mais il y a aussi d’autres athlètes qui ont été médaillés en natation. En natation paralympique, l’Équipe de France a gagné beaucoup de médailles, avec les frères Portal. Ils ont été médaillés ensemble dans la même épreuve, c’est une très belle histoire.

Julien B/ Merci, Tony, d’être venu ce matin. On est vraiment très heureux, ça compte beaucoup pour nous que vous soyez venu nous voir ici.

[Le mot de la fin de Grégory]

Grégory, Julien, Tony Estanguet et Lamia El Aaraje